• Vers un traitement plus efficace

    Maladie de Crohn

    Une substance active capable de réveiller une protéine aux propriétés anti-inflammatoires a passé le premier essai clinique haut la main. De l’espoir pour les patients qui souffrent de cette maladie.

    Un nouveau médicament plus efficace et plus rapide pourrait bientôt venir en aide des personnes atteintes par la maladie de Crohn. En France, environ cinq nouveaux cas et cette inflammation du tube digestif sont diagnostiqués chaque année pour 100 000 habitants, d’après les données de l’Inserm. Des traitements existent déjà, mais ils ne fonctionnent pas chez tous les malades car certaines personnes développent des anticorps contre ces médicaments.

    Une étude menée sur plus de 150 adultes souffrant de la maladie de Crohn et publiée par la revue britannique New England journal of medicine, parle d’un nouveau produit aux résultats prometteurs. Le premier essai clinique fait état d’une rémission de la maladie (peu ou pas de symptômes), chez plusieurs patients après deux semaines de traitement.

    Plus rapide et plus pratique

    Ce médicament a l’avantage de se présenter sous forme de pilule, contrairement aux autres qui sont injectés. Cela permet également une "libération maximale" de la substance active afin qu’elle agisse plus rapidement sur les parties enflammées du tube digestif, expliquent les chercheurs.

    Le traitement fonctionne en restaurant l’activité d’une protéine aux propriétés anti-inflammatoire, appelée TGF-beta. Mais des études supplémentaires seront nécessaires pour confirmer sa sécurité et son efficacité, ainsi que pour en définir la dose optimale.   ( source : santé magazine . Auteur :Elena Bizzotto )

     

     

     

     

     

     


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  • " Cette greffe a tout débloqué "

    1ere transplantation rénale

    Le CHRU de Tours a fêté en 2015 sa 2.000 e greffe de rein. Le Dr Yvon Lebranchu faisait partie de l’équipe à l’origine de la première, réalisée le 20 octobre 1985. Retour sur une journée particulière.

     La petite histoire retiendra que la première greffe rénale réalisée à Tours l'a privé d'un dîner prévu ce jour-là chez Jean Bardet, célèbre restaurateur de la région qui officiait à l'époque à Châteauroux. Un léger contretemps qui n'altère en rien le souvenir précis que garde le Dr Lebranchu de ce 20 octobre 1985. A l'occasion d'un séminaire organisé hier à la faculté de médecine, il est revenu sur cette journée qui a changé sa carrière et fait basculer le CHU de Tours dans une nouvelle ère.

     Dans quelles circonstances la première greffe rénale s'est-elle déroulée à Tours ?

    « Il y a 30 ans, nous étions déjà en période de difficultés financières. Cela faisait à peu près six mois-un an qu'on se préparait à faire cette greffe, mais on n'avait pas l'autorisation de débuter et donc d'acheter les médicaments antirejet, très chers. On se demandait donc comment on allait faire, sans ces médicaments. On avait des patients inscrits sur la liste d'attente. On faisait des prélèvements depuis des années au CHU de Tours, donc il y avait éventuellement des greffons disponibles. »

     Que s'est-il passé le 20 octobre 1985 ?

    « Ce jour-là, il y a eu la conjonction de deux éléments. Un laboratoire pharmaceutique nous a d'abord donné les médicaments pour deux patients. Il s'agissait d'ampoules de sérum anti-lymphocytaire, un médicament très cher qu'il n'y avait pas à l'hôpital. On nous a dit : " On vous offre les deux premiers traitements, comme ça, vous pourrez débuter ". Parallèlement, il y a eu un prélèvement réalisé à l'hôpital Clocheville sur un enfant décédé de mort encéphalique. Donc, on avait à la fois les médicaments et le greffon. On a bouleversé l'ordre du jour pour réaliser la première greffe, sur un adulte. »

     A l'époque, on pouvait greffer un rein d'enfant sur un adulte ?

    « Oui, mais on ne plus procéder ainsi aujourd'hui. C'était une autre époque. »

     Comment s'est passée l'opération ?

    « Ça s'est très bien passé. Il fallait que ça se passe bien parce que sinon, ça pouvait mettre à mal tout le programme de greffe. C'est le professeur Yves Lançon, mon homologue chirurgical, qui a fait cette greffe. Cela a tout débloqué. C'est quelque chose de binaire. Il y a eu un avant et un après. »

     Parlez-nous de cet après…

    « On a été immédiatement suivi par l'hôpital. On a pu développer le programme de greffe. Ça s'est enchaîné assez rapidement : dès l'année 1986, on a fait 12 greffes, puis 30 en 1987 et 40 en 1988. On est arrivé rapidement à 50 greffes par an. L'activité n'a fait que croître ces dernières années. On a d'abord eu un objectif de 100 greffes annuelles, qui est aujourd'hui passé à 150, pour répondre aux besoins de la région Centre-Val de Loire qui sont de 150 à 200 greffes par an. Tours, progressivement, est devenue une ville de France où l'activité de greffe de reins est la plus importante. Cela a permis de faire le lit d'autres activités de transplantation : cardiaque et hépatique. »

     Quelle est la situation aujourd'hui ?

    « Nous sommes actuellement en situation de pénurie d'organes. Dans notre région, il y a environ 400 à 450 patients sur liste d'attente, alors que seuls 120 à 130 peuvent être greffés chaque année. On entre dans un changement de paradigme en France : pour contourner cette pénurie, l'idéal est maintenant d'être greffé avec un donneur vivant sans passer par la dialyse : c'est ce qu'on appelle une greffe préemptive. »

    réaction

    Pour le Dr Yves Lanson, chirurgien qui a réalisé l'acte, le 20 octobre 1985 n'évoque « rien de particulier » : « C'était un geste chirurgical que j'avais appris dix ans auparavant. Sur le plan technique, je n'avais aucune angoisse. En revanche, sur le plan de la responsabilité collective pour le CHU, c'était le début d'une aventure qu'on espérait la meilleure possible. »  (source: la nouvelle république.fr Propos recueillis par Julien Proult


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  • Un rein fonctionnel créé à partir de cellules souches humaines

    Une nouvelle étape dans la création de reins artificiels capables de pallier le manque de greffons pour les insuffisants rénaux vient d'être accomplie par des chercheurs japonais.

    Un rein fonctionnel artificiel

    Image extraite de la publication montrant la connexion entre le rein artificiel et la vessie

    TRANSPLANTATION.

    Malgré une augmentation de l'activité de greffe de rein en France, la pénurie en greffons continue de s'aggraver. Ainsi, fin 2013, plus de 10.000 Français restaient en attente d'un organe pour pallier leur insuffisance rénale. Et, bien entendu, le problème est loin de ne concerner que l'Hexagone. L'idéal poursuivi par plusieurs équipes scientifiques dans le monde serait de pouvoir créer en laboratoire des reins fonctionnels, notamment en se servant de cellules souches, un type de cellule "originelle" capable de se spécialiser en n'importe quel tissu ou organe. Dans une étude publiée dans les PNAS, une équipe de chercheurs japonais annonce avoir accompli une nouvelle étape : ils sont parvenus à créer des reins capables d'excréter de l'urine. Les organes ont été créés à partir de cellules souches humaines et testés avec succès chez la souris et le cochon. Le mécanisme rénal consiste à filtrer le sang pour en extraire les déchets et les transformer en urine, qui doit ensuite être transférée vers la vessie. Or, si d'autres expérimentations avaient déjà permis de créer des reins capables de filtrer le sang, l'urine ainsi obtenue ne pouvait pas être évacuée de l'organe, qui de fait ne présentait que peu d'intérêt.

    Plomberie rénale

    Mais cette fois, l'équipe dirigée par Takashi Yokoo de la Jikei University de Tokyo est parvenue à résoudre le problème. En plus du rein bio-artificiel, ils ont créé une vessie "bis" permettant de faire le lien avec la vessie naturelle des animaux testés par le biais d'un tube de drainage mis en place par les chercheurs. Un dispositif jouant un peu le rôle d'un adaptateur. De cette façon, l'urine produite dans le rein a pu passer dans la vessie artificielle avant d'être transvasée dans celle d'origine. Une avancée d'importance, mais qui ne veut pas dire pour autant que la technique est au point. "Cela ne signifie pas que cela va fonctionner sur des humainsnous en sommes encore probablement à des années", tempère dans une interview à la BBC le Pr Chris Mason, expert en médecine régénérative et cellules souches au University College de Londres. ( source : Sciences et Avenir )


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    Elle a trouvé la molécule tueuse de cancer

     

    Elle a trouvé la molécule tueuse de cancer

    On l’appelle « ET-D5 » et elle pourrait bien révolutionner le milieu médical. Découverte par le Dr Aurélie Juhem, cette molécule est capable d’arrêter la prolifération d’une tumeur puis de détruire spécifiquement les vaisseaux formés pour l’alimenter. Testée avec succès sur des souris, cette molécule « miracle » sera expérimentée en 2016 sur des humains.

     Comment fonctionne cette molécule tueuse de cancer ?

    Aurélie Juhem. Elle a une double action : elle pénètre directement dans la tumeur en arrêtant la division des cellules et donc sa croissance, et elle détruit les vaisseaux sanguins qui l’alimentent. La molécule ET-D5 est active en administration par voie orale, un point très positif au regard des chimiothérapies qui s’administrent par intraveineuse…

    A quels types de cancers cette molécule s’attaque-t-elle ?

    On ne le saura précisément qu’après avoir réalisé des tests sur des patients. Avec le Dr Andrei Popov, le P-DG de notre start-up Ecrins Therapeutics, nous sommes en mesure de dire par ­rapport au mode d’action, que cette molécule pourra être active sur les cancers très vascularisés, c’est-à-dire généralement agressifs. Notre “niche thérapeutique”, ce sont les cancers du foie, du ­pancréas, du rein et les sarcomes, cancers souvent diagnostiqués par une métastase, donc à un stade avancé de leur développement.

    La médecine est-elle à un carrefour avec les nouvelles techniques dont elle dispose ?

    Aujourd’hui, l’oncologie s’oriente vers de la médecine personnalisée. Avant, on parlait de la maladie par rapport à l’organe dans lequel se développait le cancer. Mais celui-ci est causé par des mutations ­génétiques, et si on analyse les mutations à l’origine de la tumeur, on se rend compte que le cancer est unique à chaque personne. On tend à réaliser un maximum d’analyses moléculaires afin d’identifier les mutations génétiques responsables de la maladie dans le but d’adapter la chimiothérapie à chaque patient.

    Peut-on imaginer un monde où le cancer se soignera comme une angine ?

    J’espère. Avec les progrès, les techniques, les analyses moléculaires, j’ai envie de vous dire : pourquoi pas ? Peut-être dans trente, ­cinquante ans. Oui, je peux l’imaginer…

    Le cancer n’aime pas l’huile d’olive vierge extra…

    L’oléocanthal, qui donne son goût poivré à l’huile d’olive vierge, présenterait la capacité de tuer certaines cellules cancéreuses. Une étude, réalisée aux Etats-Unis par trois scientifiques, vient de le démontrer. Après avoir appliqué de l’oléocanthal sur des cellules cancéreuses, les scientifiques ont découvert qu’elles mettaient entre trente minutes et une heure à se détruire alors que la mort programmée d’une cellule prend d’ordinaire entre seize et vingt-quatre heures. (source : Paris match 1703 2015)


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    Un poumon artificiel verra le jour d'ici 5 ans en France

     

    Bientôt un 1er poumon artificiel ?

     

     Un groupe de chercheurs français se lance dans le développement d’un poumon artificiel.  

    EXCLUSIF - Après le cœur voici maintenant le poumon artificiel. C'est en tout cas la révolution médicale annoncée par une équipe française du Centre chirurgical Marie-Lannelongue, dans les Hauts-de-Seine. Grâce à un financement de 5 millions d'euros, ces chercheurs vont bientôt pouvoir le développer. Ils promettent même les premières implantations dans moins de 5 ans.

    Une ceinture sous la poitrine en guise de poumon.

    Oubliez le cœur artificiel à implanter à la place du vrai cœur malade. Pour le poumon, pas besoin de chirurgie, pas besoin non plus de retirer le ou les poumons malades. En fait, il s'agit d'un troisième poumon  mais qui ne ressemble pas du tout à un poumon. Ce sera en fait un dispositif portatif, qui ne sera donc pas implanté dans le corps. Ce sera certainement une ceinture sous la poitrine.

    Une machine pour donner du sang chargé en oxygène au cœur.

    Cette machine va donc faire le travail du poumon malade à sa place. N’oublions pas qu’un poumon sert à envoyer dans le cœur du sang chargé d'oxygène. Dans la ceinture autour du thorax, il y aura donc la batterie mais aussi l'oxygénateur. Et l’ensemble du dispositif sera relié au cœur par une sorte de tube, une petite canule placée dans une artère au niveau du cou.

    Un tri au niveau du cœur.

    "La canule est la seule chose qui va rester à l’intérieur du corps", explique le Pr Olaf Mercier qui dirige ce projet au centre chirurgical Marie-Lannelongue. "Elle va pénétrer à la base du cou et va aller jusque dans le cœur au niveau de la partie droite pour prendre le sang sans oxygène et au niveau de la partie gauche pour redonner du sang avec l’oxygène".

    Un poumon artificiel pour les insuffisants respiratoires.

    L’objectif de ce poumon artificiel n’est pas de remplacer la greffe de vrai poumon. La cible de ce dispositif, ce sont justement les patients, insuffisants respiratoires très graves, qui ne peuvent pas bénéficier d'une greffe de poumon car trop âgés ou trop fragiles. Au moins une 10.000 patients seraient concernés chaque année en France.  ( source Europe 1: article de Mélanie Gomez )


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  • 830.000 Français sous ventilation à cause des apnées du sommeil

    Apnées du sommeil

    Le nombre de malades appareillés devrait atteindre 1 million en 2016 et les coûts dépasser le milliard d'euros.

    L'apnée du sommeil est de mieux en mieux dépistée et traitée. En 2014, ce sont 828.047 malades qui ont mis chaque nuit un masque respiratoire les reliant à une machine de ventilation en pression positive, soit 15 % de plus que l'année précédente d'après un rapport de l'Assurance-maladie. Ils étaient 550.000 en 2012 et deux fois moins en 2006.

    «L'apnée du sommeil, autrement dit les pauses respiratoires prolongées (de plus de 10 secondes) pendant que l'on dort, concerne 5 % de la population, mais tous ne sont pas diagnostiqués», précise le Dr Frédéric Le Guillou, pneumologue à La Rochelle et président de l'Association BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive). Avec des conséquences majeures pour la santé et la qualité de vie. Y compris celle des proches. Les chutes de l'oxygénation s'accompagnent de reprises inspiratoires très bruyantes, et ce sont bien souvent ces ronflements puissants qui réveillent les conjoints et motivent les consultations.

    Mais l'impact du syndrome d'apnée du sommeil est surtout pour le malade. D'abord la fatigue et la somnolence diurne. Elles sont la conséquence directe d'un «mauvais sommeil» dû aux micro-éveils qui accompagnent l'asphyxie. Ensuite les troubles de la concentration et de la vigilance, qui peuvent entraîner des accidents, que ce soit au travail ou sur la route.

    Changement spectaculaire

    «La plupart des malades se recrutent parmi les ronfleurs, mais tous les ronfleurs n'ont pas d'apnée du sommeil», précise le Dr Yves Grillet, vice-président de la Fédération française de pneumologie.

    Une fois le diagnostic confirmé par des examens spécifiques et le diagnostic de BPCO écarté, les malades qui l'acceptent (environ 85 %) peuvent être placés sous ventilation en pression positive (PPC). Dans les autres cas, à condition que l'apnée ne soit pas trop sévère et que l'état mandibulaire et dentaire le permette, une orthèse d'avancée mandibulaire (OAM) peut être proposée. Elle dégage le pharynx en avançant la mâchoire inférieure. Dans ses propositions pour 2016, l'Assurance-maladie espère aboutir à «un transfert progressif de 20 % des traitements par PPC vers un traitement par OAM (orthèse d'avancée mandibulaire)» en en remboursant la pose, s'il s'agit du premier traitement proposé, ce qui n'est pas le cas actuellement.

    Reste que c'est d'abord la PPC qui a fait la preuve de son efficacité. «Le changement est spectaculaire, témoigne le Dr Grillet. En quelques jours, parfois dès la première nuit, les patients dorment bien, ils se réveillent frais et dispos.» De surcroît, les études ont prouvé que la PPC réduisait le risque d'accident cardio-vasculaire, nettement augmenté dans l'apnée du sommeil. Les cardiologues se sont même aperçus que certains hypertendus chez qui le traitement antihypertenseur ne marchait pas bien souffraient en réalité de ce syndrome.

    Des capteurs qui font polémique

    Même si la PPC est efficace, le sujet de la télésurveillance automatique des données enregistrées par les machines de ventilation, pour améliorer la qualité des soins, est très polémique. Les ministères de la Santé et du Budget ont mis le feu aux poudres, en publiant le 22 octobre 2013 un arrêté conjoint pour conditionner le remboursement de la PPC à la preuve que la machine est bien utilisée par le patient, grâce à des capteurs qui transmettent automatiquement les données. Le texte définit ainsi des seuils d'efficacité, avec un nombre minimal d'heures d'utilisation. Le président de la Fédération française des associations et amicales de malades insuffisants ou handicapés respiratoires (FFAAIR), Alain Murez, porte l'affaire devant le Conseil d'État et met en garde contre un glissement pernicieux: «Après les malades apnéiques viendra le tour des diabétiques qui ne se seront pas soumis à un programme de nutrition jugé suffisant pour faire baisser leur glycémie, ou encore les hypertendus, voire les asthmatiques, qui n'auront pas pris régulièrement leur traitement.»

    En novembre 2014, le Conseil d'État a annulé cet arrêté. En réalité, le Conseil d'État ne s'est pas prononcé sur le «bien-fondé de ce mécanisme» mais sur la voie choisie, estimant qu'il aurait fallu passer devant le Parlement. Et l'idée d'une régulation plus rigoureuse n'est pas absurde car la France semble bien généreuse par rapport à ses voisins européens, à services équivalents.

    En 2012, déjà, alors que les bénéficiaires de PPC n'étaient encore que 550.000, l'Assurance-maladie s'étonnait de l'écart de tarif annuel de traitement par la PPC entre la France (1105 €) et l'Allemagne (de 250 à 610 €), selon la caisse et le type d'appareil. «La France a décidé de privilégier la qualité, et le patient est libre de choisir son prestataire et d'en changer s'il le souhaite, alors que le choix est limité par appel d'offres en Allemagne», explique le Dr Le Guillou. Ce qui explique peut-être l'écart de prix entre les deux pays.


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  • Santé connectée : Pourquoi Sanofi s’allie-t-il à Google ?

    Santé connectée

    Mesurer son taux de glycémie grâce à une montre connectée et prendre un médicament antidiabétique en conséquence ne sera peut-être plus si incongru dans les années à venir. En signant un accord avec Google, le laboratoire français Sanofi est entré de plain-pied dans la médecine 3.0. Une nécessité stratégique selon Laurent Alexandre, chirurgien urologue, spécialiste du big data dans le domaine de la santé, également fondateur de Doctissimo et DNAVision, une société de séquençage ADN.

    Ne pas rater le virage de la médecine du futur.

    Avec l’apport de nouvelles technologies, l’essentiel de la valeur ajoutée de la médecine de demain émanera des données. L’enjeu sera de « traiter les milliards d’informations qu’on aura sur chaque malade. On va bientôt avoir le séquençage ADN personnalisé. Cela représente 10.000 milliards d’informations par malade », s’emballe Laurent Alexandre. L’idée finale est de personnaliser les traitements à partir de ces données. Sanofi compte donc sur le savoir-faire numérique de Google pour « collecter, analyser et comprendre les multiples sources d’information impactant le diabète de type 1 et de type 2 », comme il l’indique dans son communiqué.

    Rester compétitif.

    Il y a évidemment une part d’effet d’annonce de la part du labo. Pour des raisons boursières, Sanofi ne peut rester à l’écart de cette médecine à base d’algorithmes. D’autant que des laboratoires concurrents comme Novartis ont déjà franchi le pas en développant des lentilles de contact « intelligentes », permettant de mesurer en temps réel le taux de glucose des patients. Cette alliance est donc « une nécessité pour que les marchés financiers ne se posent pas la question des intentions de Sanofi », poursuit Laurent Alexandre. Ne pas s’allier à Google aujourd’hui « conduirait les laboratoires à la marginalisation. »

    Le traitement du diabète, un marché porteur.

    60 milliards d’euros d’ici cinq ans. Les perspectives économiques sont vastes pour les laboratoires, notamment en raison de la croissance de l’obésité dans le monde. La fédération internationale du diabète annonce 592 millions de malades à l’horizon 2035. Le diabète reste aussi une maladie à fortes complications. En mesurant des milliards de données chez les personnes atteintes, il s’agit de mieux comprendre comment les traiter, réduire le risque de complications et in fine - soyons fous - d’abaisser le coût des soins.

    Un intérêt en matière d’observance des traitements.

    L’un des principaux problèmes chez les diabétiques reste l’observance du traitement. Les malades ne respectent pas toujours les consignes des médecins. « Avec l’arrivée de nouvelles technologies permettant de suivre en continu et en temps réel l’état de santé des patients, nous pouvons envisager des méthodes plus "proactives" et efficaces de contrôle du diabète », indique le géant de la Silicon Valley dans le communiqué. Chez les patients à risque, ou peu rigoureux, un système d’alerte sur smartphone pourrait être envisagé. Dans ce domaine, Google est aussi en terrain conquis puisqu’il contrôle près de 85 % des téléphones dans le monde via sa filiale Androïd. (source : 20 minutes)


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  • Le CHUV et les HUG pratiqueront bientôt un nouveau type de don d’organes dit «à cœur arrêté». L’initiative vise à accroître le nombre de donneurs mais soulève aussi des questions éthiques

    Une nouvelle façon de donner ses organes

    Avec 117 donneurs post mortem l’année dernière, la Suisse fait figure de mauvais élève en matière de don d’organes. Le nombre de dons est trop faible par rapport aux besoins: en mars dernier, plus de 1300 personnes étaient sur liste d’attente en vue d’une greffe. Pour accroître le nombre de donneurs, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) vont lancer dans les semaines à venir des programmes de dons d’organes dits «à cœur arrêté». Dans ce type de dons, jusqu’alors peu pratiqués en Suisse, les organes sont prélevés chez des patients dont le cœur a cessé de fonctionner avant le cerveau, à l’inverse de ce qui se fait le plus couramment. Une nouvelle manière de donner ses organes qui s’accompagne de défis techniques et humains.

    En Suisse, les prélèvements d’organes post mortem sont aujourd’hui très majoritairement effectués chez des patients décédés d’une lésion du cerveau, dont la circulation sanguine et la respiration sont maintenues artificiellement. «Ce type de situation a l’avantage de laisser du temps pour organiser le prélèvement. Les organes continuent d’être irrigués par le sang et ne se dégradent donc pas immédiatement», explique Philippe Eckert, du Service de médecine intensive du CHUV, responsable du Programme latin de don d’organes, qui regroupe les hôpitaux actifs dans le don d’organes en Suisse romande et au Tessin. Si le patient ou ses proches ont donné leur approbation, le corps est transporté au bloc opératoire, où les organes – rein, foie ou plus rarement poumons ou cœur – sont prélevés.

    «Actuellement, pour pouvoir donner ses organes, il faut mourir d’une atteinte cérébrale sous ventilation dans un service de soins intensifs; or ces conditions ne sont que rarement réunies. Un certain nombre de personnes qui souhaitent être donneuses ne le pourront donc pas, parce qu’elles décèdent autrement», relève Samia Hurst, bioéthicienne à l’Université de Genève. Dans cette perspective, développer le don d’organes à cœur arrêté permettrait à davantage de personnes d’offrir leurs organes.

    Ce type de dons n’est pas en soi une nouveauté. Historiquement, les organes ont d’abord été prélevés sur des personnes en arrêt cardiaque. Mais depuis les années 1960, le concept de mort cérébrale s’est imposé: le décès est établi par l’arrêt irréversible des fonctions du cerveau. Dans la pratique, c’est donc le don d’organes après mort cérébrale qui est devenu la norme. Les dons d’organes à cœur arrêté continuent cependant d’être pratiqués à l’étranger, dans des proportions variables selon les pays: en 2012, ils ont représenté près de la moitié des dons aux Pays-Bas et 40% en Grande-Bretagne, mais seulement 0,4% de ceux effectués en Italie.

    En Suisse, des dons d’organes à cœur arrêté ont été effectués jusqu’en 2007. Mais cette année-là, une révision de la loi sur la transplantation a introduit des incertitudes sur leur légalité. Une nouvelle version de la loi étant finalement entrée en vigueur au mois de juin dernier, après que l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM) a adapté ses directives, les voyants sont désormais au vert pour les relancer. Aux HUG, le programme devrait être prêt dès le mois de septembre; ce sera dans le courant de l’automne au CHUV. L’hôpital universitaire de Zurich a pour sa part repris cette pratique dès 2012.

    Les dons d’organes à cœur arrêté laissent très peu de temps aux équipes médicales pour intervenir. En effet, dès l’arrêt du cœur, la circulation du sang est suspendue et les organes ne reçoivent plus d’oxygène. Le cerveau cesse alors rapidement de fonctionner et les autres organes se détériorent. Le prélèvement doit intervenir dans la demi-heure environ qui suit le décès. En pratique, c’est bien souvent impossible lorsque la mort est survenue avant l’arrivée à l’hôpital. «Dans leur grande majorité, les personnes concernées par ce type de dons seront en soins intensifs, dans un état catastrophique et sans rémission possible, sans pour autant être en mort cérébrale», indique Yvan Gasche, médecin adjoint au Service des soins intensifs des HUG.

    Chez ces patients, il vient un moment où les médecins jugent qu’ils ne peuvent plus rien faire; ils proposent alors à la famille d’arrêter tous les traitements, sauf palliatifs, afin de laisser la personne mourir. Cependant, en raison de la brièveté du temps à disposition pour le prélèvement, la question du don d’organes doit alors être abordée avec les proches avant le décès du patient. Ce qui entraîne des difficultés éthiques: «Le risque est que les proches voient dans l’arrêt des soins une décision opportuniste destinée à favoriser le prélèvement des organes», indique Samia Hurst. Pour éviter tout conflit d’intérêts, la règle en Suisse veut que les équipes médicales responsables des soins et celles chargées des prélèvements soient distinctes. «Un patient donneur d’organes est soigné exactement de la même manière qu’un non-donneur. Nous ne donnons pas de médicament pour accélérer le décès après le retrait thérapeutique», précise pour sa part Philippe Eckert.

    Autre difficulté: après l’arrêt des soins, le décès du patient donneur peut prendre selon les cas quelques minutes ou plusieurs heures. Or, s’il survient trop tard, les organes ne pourront pas être prélevés, même si la famille le souhaite. Un dernier aspect éthiquement problématique concerne les interventions à effectuer sur le patient donneur avant son décès, afin de préserver ses organes. L’ASSM recommande de les limiter à la pose de cathéters, qui serviront à effectuer des transfusions post mortem avec un liquide froid. «Pour tous ces aspects, les équipes médicales doivent faire preuve de transparence et bien informer les proches», insiste Samia Hurst.

    Avec le redémarrage des programmes de dons à cœur arrêté, les HUG et le CHUV espèrent comptabiliser entre 20 et 30 donneurs supplémentaires par année. «Cela peut paraître peu, mais cela représente une progression d’environ 10 à 20% par rapport au nombre moyen de donneurs en Suisse. Et un patient peut donner plusieurs de ces organes, venant ainsi en aide à plusieurs personnes en attente de greffe», indique Manuel Pascual, médecin-chef de service du Centre de transplantations du CHUV. Ce seront en premier lieu les reins et les poumons qui seront prélevés, les études ayant montré que ces organes fonctionnaient aussi bien lorsqu’ils étaient issus de donneurs à cœur arrêté que de donneurs en mort cérébrale.( source : Le temps du 03 08 2015)


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  • Le grand bourbier législatif des prélèvements d’organes

    Le grand bourbier législatif

    Pour accroître le nombre de greffons, le projet de loi Santé prévoit de durcir le régime du consentement présumé, et d'écarter les famille du processus de décision. Est-ce la bonne méthode? Un consentement présumé du défunt sans intervention des familles serait-il vraiment applicable?

    Introduit en droit français par la loi Caillavet du 22 décembre 1976, le principe du consentement présumé du défunt aux prélèvements d’organes a quelque chose de bancal. Bien qu’il soit parfaitement dérogatoire par rapport au droit généralement applicable aux personnes défuntes (puisqu’il fait le pari, en quelque sorte, de leur absence de volonté dont il s’autorise à tirer effet : qui ne dit mot consent), il semble quasiment impossible à remettre en question depuis quarante ans (toutes les tentatives en ce sens ayant échoué). Il est, en outre, essentiellement inapplicable ; et de fait, n’a jamais été appliqué à la lettre. Car son principe est clair : si l’on n’a pas de preuve de l’opposition d’une personne au prélèvement de ses organes post mortem, la loi autorise le prélèvement.

    Mais la réalité humaine commande, dans les faits, un assouplissement de la loi. Peut-on en effet imaginer que l’infirmier-coordinateur des prélèvements d’organes du superbe roman de Maylis de Kerangal «Réparer les vivants» (page 135 de Réparer les vivants, Folio Gallimard, 2014) dise aux parents de Simon Limbres que, leur fils de 18 ans ne s’étant pas inscrit au registre national automatisé des refus, la conversation s’arrête là? Que, peu importe leur sentiment sur l’affaire, le prélèvement aura lieu ? Certainement pas. Le roman illustre bien l’importance du dialogue entre les médecins et la famille pour construire l’acceptabilité de l’insupportable. Et c’est bien parce qu’il est impossible de faire sans (ou contre) les familles que, depuis son introduction dans le droit français, le principe du consentement présumé a toujours été atténué par des dispositions destinées à permettre leur opposition. Certes, les familles ne sont pas censées donner leur volonté mais, disent les textes, elles peuvent témoigner de celle du défunt. Ultime invitation à s’interroger, par-delà leur douleur face à une mort souvent violente, sur le point de savoir si le défunt n’aurait pas accepté ce geste de générosité. Implicitement, les familles conservent le pouvoir de s’opposer au prélèvement des organes (L. 1232-1 Code de la Santé Publique).

    Un nouveau bourbier législatif

    Or le projet de loi Santé qui sera débattu au Sénat en septembre (et la procédure accélérée ayant été déclarée, une seule lecture aura lieu dans chaque chambre ; voir le dossier législatif) s’apprête à aggraver le régime juridique du consentement présumé, et risque d’en faire un nouveau bourbier législatif.

    On le sait, tout à fait dérogatoire, le principe du consentement présumé poursuit un objectif clairement défini : augmenter le nombre de greffons disponibles en maximisant le nombre de cadavres sur lesquels des prélèvements sont envisageables. D’autres évolutions vont dans le même sens, comme le développement des prélèvements sur donneurs dits à «cœur arrêté» ou l’assouplissement de la législation relative au don entre vifs… (sur tous ces points, v. Marie-Xavière Catto, Le principe d’indisponibilité du corps humain, limite de l’usage économique du corps, Thèse, droit, 2014, Université Paris Ouest Nanterre, à paraître LGDJ/Fondation Varenne).

    En mars, lors de l’examen du texte à l’Assemblée Nationale, un amendement déposé par Jean-Louis Touraine (PS), professeur de médecine a été adopté par la commission des affaires sociales et a ajouté un nouvel article (46ter) au projet. Il prévoit la suppression du recueil du témoignage des familles et indique que seule l’inscription de l’intéressé-e au Registre national automatisé des refus (RNR) pourra faire obstacle à la réalisation des prélèvements. Cet amendement s’inscrit clairement dans l’objectif de l’augmentation du nombre de greffons : «Cet article vise la clarification. Trop souvent en effet, les familles se trouvent désemparées, ne sachant que répondre aux équipes soignantes qui leur demandent si le défunt s’était opposé au prélèvement d’organes de son vivant. Cela la conduit bien naturellement à répondre avec prudence, empêchant la plupart du temps le prélèvement. Il convient donc de mieux organiser le traitement de cette question» (Assemblée Nationale, Rapport n°2763, 20 mars 2015, p. 53). La feuille de route est claire : le «désemparement» des familles se juge et se jauge au fait qu’elles refusent les prélèvements (en réalité, non pas «la plupart du temps», mais dans environ 30% des cas de décès permettant qu’un prélèvement soit envisagé); dès lors, «mieux traiter» cette question revient en fait à leur retirer la possibilité d’intervenir.

    L’amendement de Jean-Louis Touraine a, dans un premier temps, suscité un débat parlementaire au cours duquel plusieurs députés ont exprimé leur opposition à cette modification jugée trop violente pour les familles (mais ils n’étaient que 22 votants au moment du vote sur les modifications à apporter à l’article 46 ter tel qu’il ressortait des travaux de la commission… (voir débats parlementaires, 10 avril 2015). Un amendement du gouvernement est ensuite venu l’atténuer en prévoyant que l’inscription au RNR serait un des modes possibles d’expression du refus, mais plus le seul. L’exclusion des familles du processus décisionnel s’en trouve confirmée, même si une obligation d’information est réintroduite : «le médecin informe les proches du défunt, préalablement au prélèvement envisagé, de sa nature et de sa finalité, conformément aux bonnes pratiques arrêtées par le ministre chargé de la Santé sur proposition de l’Agence de biomédecine». En fait, la ministre de la Santé a indiqué son souhait de renvoyer à un décret en Conseil d’Etat la détermination exacte des modalités possibles d’expression du refus.

    Un amendement dans le collimateur du Sénat

    Le Sénat semble déterminé à faire disparaître l’article 46 ter du texte de la loi à l’occasion des débats qui reprendront le lundi 14 septembre (Rapport n°653 présenté par Alain Milon, Commission des affaires sociales, notamment pp. 450sq) et considère, à juste titre, qu’il vaut mieux renvoyer la discussion au réexamen de la loi bioéthique qui devrait avoir lieu en 2018. En effet, la réforme proposée, que ce soit dans sa version Jean-Louis Touraine ou dans sa version Marisol Touraine, a tout d’un futur bourbier.

    Les nouvelles formulations risquent en effet de susciter des situations dramatiques d’opposition entre les familles et le corps médical. Aussitôt après l’adoption de l’amendement de Jean Louis Touraine, l’Agence de la biomédecine a enregistré un bond (de 15-20/jour à 300-600/jour !) du nombre des demandes d’inscription au RNR (Sénat, rapport n°653 de la commission des affaires sociales, Alain Milon et al., 22 juill. 2015, p. 453). Médecins et députés peuvent affirmer, comme ils le clament depuis 1976, que le consentement présumé ne participe aucunement d’un mouvement de «nationalisation des corps», le principe même et son application suscitent une réelle inquiétude du grand public.

    Il paraît en effet crucial de prendre en considération les conditions d’acceptabilité des usages médicaux et sociaux du corps humain. Les récents développements de l’affaire Lambert, sur un autre terrain, l’ont rappelé à l’envi : au-delà du fond, les procédures sont déterminantes qui, devant associer l’ensemble des intéressées, doivent être conçues pour que chacun-e ait le sentiment d’avoir été écouté et pris en compte (v. Pourquoi l’affaire Vincent Lambert n’en finit pas, Libération, 28 juillet 2015 et sur ce blog Affaire Lambert : qui va décider de la fin de vie?). En ce sens, si l’instauration d’une décision médicale collégiale d’arrêt des soins en fin de vie ne passe pas, on serait bien inspiré d’en tirer des leçons en matière de prélèvements d’organes post mortem. Est-il pertinent de supprimer toute référence dans la loi à l’obligation faite aux médecins de «recueillir le témoignage des familles» ?

    Il paraît en outre singulièrement maladroit de faire disparaître les familles des dispositions législatives organisant le prélèvement d’organes post mortem au moment même où la Lettonie vient d’être condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme précisément au motif que sa législation en la matière, qui repose sur le consentement présumé, n’impose pas au médecin de les rechercher et de les contacter avant tout prélèvement afin de s’assurer de leur absence d’opposition au prélèvement (CEDH, 24 juin 2014, Petrova c. Lettonie).

    La chose paraît enfin d’autant plus absurde que l’étude de l’efficacité comparée des différents modèles de législation en matière de prélèvements d’organes (consentement présumé / consentement exprès) démontre assez clairement que le modèle législatif importe peu. Ainsi, si le consentement présumé à la française n’est pas parvenu, malgré son âge et ses réitérations successives, à faire baisser le taux de refus des familles en dessous de 30% environ, il n’en va pas du tout de même en Espagne où le même principe permet un taux de prélèvement bien plus élevé. A l’inverse, on connaît également des systèmes de consentement exprès où le taux de prélèvement demeure limité. Les études d’éthique et de sociologie médicale ont montré depuis longtemps que ce qui fait vraiment la différence, c’est d’une part la formation de l’ensemble des personnels médicaux intervenant dans le processus (depuis le constat et l’annonce du décès jusqu’à la réalisation du prélèvement) et d’autre part la sensibilisation du public (v. notamment, Graciela Nowenstein, The generosity of the dead. A sociology of organ procurement in France,Ashgate, 2010).

    De nombreux éléments invitent à considérer qu’il y a là des leviers d’action essentiels. D’abord, la disparité du taux de refus des familles à l’échelle du territoire : le fait qu’il soit ici (Ile de France) aux alentours de 40% et là (Bretagne) au niveau de 20% va bien dans le sens d’une grande sensibilité de l’acceptation des prélèvements par les familles à la qualité du dialogue avec les équipes médicales, laquelle dépend nécessairement, en amont, de la formation de ces dernières. Ensuite, les sondages qui, depuis des années et dans une remarquable unanimité, indiquent que la population est généralement très favorable au prélèvement post mortem ; mais quelle politique publique de santé a réellement pris appui sur ce terreau favorable pour mettre en place de réelles campagnes d’information et de sensibilisation à la cause des greffes d’organes ? Qui sait que le 22 juin est, depuis quinze ans maintenant, la journée nationale du don d’organes ? N’y a-t-il pas là, pourtant, une condition essentielle d’acceptabilité du consentement présumé ? Formation et Information : gageons que le projet de loi santé serait mieux inspiré de mettre l’accent sur ces deux points que de faire disparaître les familles des dispositions législatives relatives au prélèvement post mortem. (source libération .article de Stéphanie Hennette Vauchez du 27 08 2015 )


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  • PREMIERE. Chirurgie robotique : un rein transplanté par voie vaginale

    Une équipe du CHU de Toulouse a réussi pour la première fois une transplantation rénale entièrement réalisée par chirurgie robotique en passant par le vagin de leur patiente.

    Chirurgie robotique d'un rein

    TRANSPLANTATION. Deux chirurgiens du centre hospitalier universitaire de Toulouse ont transplanté le rein prélevé sur une donneuse vivante à une receveuse par voie vaginale dans la foulée "en une seule séquence, exclusivement par robot chirurgical", a-t-on appris mercredi 19 août 2015 auprès du CHU qui présente l'intervention comme une première mondiale. L'extraction rénale, tout comme la transplantation, ont été réalisées en juillet 2015 par voie vaginale, chez deux sœurs, précise le communiqué.

    Chirurgie robotique d'un rein

    Valérie Perez, 44 ans, a donné son rein à sa sœur, Béatrice Perez, 43 ans, le 9 juillet dernier. "Les deux sœurs se portent bien aujourd'hui", a déclaré le chirurgien urologue responsable de la transplantation au CHU de Toulouse, Frederico Sallusto. Il a réalisé l'opération chirurgicale avec l'expert en chirurgie urologique robot-assistée le Dr Nicolas Doumerc. La donneuse a pu regagner son domicile après deux jours seulement et la receveuse au bout de quatre. Un des avantages des interventions mini-invasives réalisées à l'aide du robot Da Vinci est en effet de réduire le délai de récupération après l'opération. Parmi les autres avantages, le CHU de Toulouse indique également la "diminution de la taille de la cicatrice, l'atténuation de la douleur et du risque d'épanchement de liquide lymphatique, et un traitement postopératoire moins lourd".


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