• Hépatite C

    Il y a du nouveau 

    Bonne nouvelle : la généralisation du dépistage et l'accès facilité à des traitements efficaces devraient permettre d'éliminer la maladie d'ici dix ans .

    Hépatite C

    Aujourd'hui en France 75 000 personnes seraient porteuses d'un virus de l'hépatite C sans le savoir . La plupart d'entre elles ont été contaminées avant l'an 2000 par une transfusion sanguine , par l'injection de produits humains (immunoglobulines, plasma ) ou au cours d'interventions chirurgicales aussi banales qu'un accouchement, une appendicectomie … A ces victimes qui s'ignorent s'ajoutent des personnes infectées plus récemment, << en général des usagers de drogues qui ont utilisé des seringues non stériles >>, précise le Pr Victor de Ledinghem , hépatogastroentérologue au  CHU de Bordeaux et responsable du centre expert hépatites virales Aquitaine . Ce virus (VHC) se transmet en effet uniquement par le sang , donc aucun risque de le contracter dans la vie courante par un baiser, en mangeant ou en buvant dans le même verre qu'une personne infectée … 

    Hépatite C

    Une infection très sournoise 

    Le VHC infecte les cellules du foie , via la circulation sanguine, se multiplie, puis modifie sa structure (mutation) pour échapper au système immunitaire qui tente de le combattre. C'est pourquoi seules deux personnes contaminées sur dix parviennent à éliminer naturellement le virus dans les semaines qui suivent la contamination . Chez les autres , l'infection devient chronique, mais silencieuse . On peut très bien n'avoir aucun symptôme pendant des années , jusqu'au jour où … le système immunitaire s'attaque aux cellules infectées pour les supprimer . Cette destruction massive provoque des lésions inflammatoires du foie qui entrainent la fabrication d'un tissu fibreux  Au bout de plusieurs années, cette fibrose du foie peut conduire à une cirrhose , et dans 5 % des cas un cancer du foie .

    Un dépistage pour tous recommandé 

    La meilleure façon d'éviter le complications est déjà de savoir qu'on est porteur du virus, pour ensuite pouvoir se soigner. Ainsi la société française d'hépatologie (Afef) recommande désormais le dépistage de l'hépatite C pour tous, au moins une fois au cours de la vie , à l'instar de ce qui se fait en Islande où plus de 80 % des habitants ont déjà été dépistés et traités . En France, ce dépistage était réservé aux personnes ayant des facteur de risque . <<sa systématisation , combinée avec celle de l'hépatite B et du VIH , permettrait l'élimination de infection par le VHC d'ici 2025 >>, espère le Pr de Ledinghen .

    Un diagnostic facile et rapide 

    Pas d'examens compliqués , une simple prise de sang prescrite par son médecin généraliste permet de détecter la présence d'anticorps . Si les résultats sont positifs, cela signifie que vous avez déjà été en contact avec le virus. Mais comme l'organisme réussit à s'en débarrasser spontanément dans 15 à 20 % des cas, une seconde analyse de sang (ARN circulant) est nécessaire pour confirmer que le VHC est encore présent. Si cette seconde analyse est positive, un traitement s'impose. Tous les médecins n'ont pas encore le réflexe de provoquer cette prise de sang à la recherche des anticorps contre le VHC . N'hésitez pas à en parler à votre généraliste .

    Des médicaments performants vendus en pharmacie

    Il y a encore quelques années, il fallait d'abord identifier le génotype ( sous-type) du virus pour prescrire le traitement le plus approprié. Aujourd'hui, les médicaments disponibles associent des antiviraux efficaces sur l'ensemble des virus de l'hépatite C. Finis, les injections sous-cutanées et les traitements longs, les deux principaux produits se prennent par voie orale et guérissent le malade dans plus de 95 % des cas: L'un à raison de 3 comprimés par jour pendant huit semaines (Maviret), l'autre en prenant 1 comprimé par jour pendant douze semaines (Epclusa). Ils assurent la destruction du virus et permettent au foie de se régénérer au fil du temps , sans laisser aucune séquelle. Et, depuis l'année dernière, ces traitements sont disponibles en pharmacie de ville , et non plus seulement dans les hôpitaux . En facilitant l'accès aux médicaments , on espère favoriser la guérison des malades .

    Vers une prise en charge simplifiée 

    Seuls les infectiologues et les hépatogastroentérologue sont autorisés à prescrire le traitement contre l'hépatite C, ce qui laisse un certain nombre de malades <<sur les bords de la route>> . Ainsi 40 000 personnes diagnostiquées n'ont pas encore bénéficié de traitement .<<Mais le gouvernement devrait valider la prise en charge des personnes porteuses du virus de l'hépatite C  par les médecins généralistes >> informe le Pr de Ledinghen. Le recours au spécialiste ne resterait nécessaire qu'en cas de facteur de risque ou de complications ; co-infection par le virus de l'hépatite B ou le virus du sida (15 % des patients), insuffisance rénale sévère … 

    Et les autres hépatites ? 

    Le virus de l'hépatite A s'attrape en consommant de l'eau non potable ou des aliments contaminés , notamment des fruits de mer. Il provoque des symptômes peu spécifiques (fièvre, état grippal, diarrhée ... ) qui guérissent spontanément en quelques semaines sans laisser de séquelles . On peut s'en protéger en se faisant vacciner 

    Le virus de l'hépatite B se transmet par les relations sexuelles, à travers des objets contaminés par le sang injecté et, lors de l'accouchement ,aux nouveau-nés de mère atteintes d'hépatite B . Dans 90 % des cas, il est éliminé de l'organisme naturellement , chez les autres il évolue vers une forme chronique et peut alors, comme le virus de l'hépatite C provoquer des cirrhoses , des cancers et, dans certains cas , la mort. La meilleure des préventions est la vaccination .

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Golondrina63Au
    Jeudi 28 Novembre 2019 à 16:57

    Merci pour ces précieux conseils 

    Je te souhaite une bonne fin de journée 

    J'espère qu'il fait beau dans le Nord 

     

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