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       Le premier cas de guérison apparente d'un jeune enfant contaminé à la naissance avec le virus du sida (VIH) transmis par sa mère séropositive non traitée, annoncé dimanche aux Etats-Unis, conforte l'espoir de pouvoir vaincre cette infection dévastatrice.  

      sida recherche

            Le virus n'a pas été complètement éradiqué mais sa présence est tellement faible que le système immunitaire de l'organisme peut le contrôler sans traitement antirétroviral, ont expliqué les chercheurs qui ont présenté ce cas à la 20e conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) réunie ce week-end à Atlanta (Géorgie).  

           La seule guérison complète officielle reconnue au monde est celle de l'Américain Timothy Brown, dit le patient de Berlin. Il a été déclaré guéri après une greffe de moelle osseuse d'un donneur présentant une mutation génétique rare empêchant le virus de pénétrer dans les cellules. Cette greffe visait à traiter une leucémie.  

            Dans le cas de l'enfant pouvant désormais contrôler sans traitement son infection, il avait reçu des antirétroviraux moins de 30 heures après sa naissance, soit beaucoup plus tôt que ce qui est normalement fait pour les nouveaux-nés à haut risque d'être contaminés.  

            Ce traitement précoce explique probablement sa guérison "fonctionnelle" en bloquant la formation de réservoirs viraux difficiles à traiter, selon ces chercheurs.  

           Ces cellules contaminées "dormantes" relancent l'infection chez la plupart des personnes séropositives dans les quelques semaines après l'arrêt des antirétroviraux.  

            "Faire une thérapie antirétrovirale chez les nouveau-nés très tôt pourrait permettre d'obtenir une très longue rémission sans antirétroviraux en empêchant la formation de ces réservoirs viraux cachés", souligne le Dr Deborah Persaud, une virologue du Centre des enfants de la faculté du centre hospitalier universitaire Johns Hopkins à Baltimore (Maryland, est), principal auteur de cette étude clinique.  

            C'est ce qui s'est apparemment passé avec cet enfant, estime cette chercheuse.  

    Les tests avaient montré une diminution progressive de la présence virale dans le sang du nouveau-né jusqu'à ce que le virus soit indétectable 29 jours après la naissance.

            L'enfant a été traité avec des antirétroviraux jusqu'à 18 mois, âge à partir duquel les médecins ont perdu sa trace pendant dix mois. Pendant cette période il n'a pas eu de traitement antirétroviral.  

    Aucun des tests sanguins effectués ensuite n'a détecté la présence du VIH (virus de l'immunodéfience humaine). Seules des traces du virus ont été détectées par des analyses génétiques mais pas suffisantes pour sa réplication.

            La suppression de la charge virale du VIH sans traitement est excessivement rare, étant observée dans moins de O,5% des adultes infectés, appelé "contrôleurs", dont le système immunitaire empêche la réplication du virus et le rend cliniquement indétectable, précisent ces virologues.  

            Une étude présentée en juillet à la conférence internationale sur le sida à Washington avait indiqué que douze patients en France de la "cohorte dite de Visconti" infectés avec le VIH et mis peu après leur infection (8 à 10 semaines) sous antirétroviraux pendant près de trois ans, continuaient à contrôler leur infection six ans après sans traitement.  

    Selon les virologues le cas du jeune enfant apparemment guéri pourrait changer la pratique médicale actuelle en mettant en lumière le potentiel d'un traitement antirétroviral très tôt après la naissance pour ces nouveau-nés à haut risque.

    Mais, soulignent ces chercheurs, le premier objectif est la prévention pour empêcher la transmission de la mère à l'enfant.

    Les traitements antirétroviraux des femmes enceintes permettent actuellement d'éviter de transmettre le virus à l'enfant dans 98% des cas, précisent-ils.

            Elle pourrait bénéficier aux quelques 300.000 enfants nés séropositifs chaque année dans le monde pour la plupart dans les pays pauvres où seulement 60% des femmes enceintes infectées avec le VIH bénéficient d'un traitement anti-rétroviral.  

            La recherche a été financée par les Instituts nationaux de la santé et l'American Foundation for AIDS Research. (source AFP du 04 03 2013 à 08 h 12 .Photo : Jody Amiet ) 


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    Dans la région , quand on évoque le bon air marin , la ville de Berck vient aussitôt à l'esprit .

            Depuis plus de cent cinquante ans , le village de pêcheur d'origine s'est développé autour de la santé.  

            Les instituts Calot et Calvé , l'hôpital maritime , la fondation Cazin-Perrochaud et quelques autres établissements répités , héritiers de cette activité hospitalière , acceuillent encore aujourd'hui des milliers de malades .  

     

          institut Calot

            Même si Dany Boon s'est un peu moqué de Berck et de son soit-disant rude climat , ils sont des centaines de milliers dans le Pas de Calais et d'ailleurs (on vient s'y faire soigner depuis toute la France et aussi de l'étranger ) , à se réjouir de cet air vif et iodé de la baie d'Authie qui leur a permis de recouvrer la santé .  

            La célèbre Marianne toute seule (Marie-Anne Brillard ), à la demande du Dr Perrochaud , emmenait à la plage , sur une charrette tirée par un âne , des petits malades atteints de rachitisme et de tuberculose osseuse pour leur faire profiter du bon air marin et des bains de mer (beaucoup guérissaient ) . Elle serait à l'origine de cette particularité berckoise .  

            Les bons résultats et un rapport sur la forte densité de l'eau en iode concentré étant communiqués à l'assistance publique des hôpitaux de Paris , cinq religieuses furent envoyées à Berck aider Mariane toute seule , puis un petit hôpital en bois fut construit au bord de la baie d'Authie , près du phare , en 1861.Ce premier sanatorium de France deviendra en 1869 l'hôpital Napoléon (une rue aménagée pour permettre à l'impératrice Eugénie d'y accéder porte toujours son nom) , puis l'hôpital maritime (détruit lors de laseconde guerre mondiale , reconstruit en 1953) acceuille en soins de suite des malades issus de Paris et de l'Ile de France . L'hydrothérapie marine y a vu le jour au début du XIXe , avec une piscine d'eau de mer chauffée .  

            De l'autre côté de Berck , au nord , le Dr François Calot , partisan de l'immobilisation platrée , a fondé l'hôpital Saint-François-de-Sales en 1900. D'une capacité de 100 lits, l'établissement est passé à 600 en 1939. Après la seconde guerre mondiale , alors que 2 000 patients étaient pris en charge à Berck , l'institut Calot puis les centres Calvé et Hélio-marin, se sont beaucoup consacrés à la chirurgie orthopédique de l'adulte et de l'enfant , particulièrement sous l'impulsion du Dr Cotrel qui a notamment mis au point la technique EDF (élongation, dérotation, flexion )et une autre sur la correction tridimensionnelle des déviations du rachis par le Dr Dubousset .  

            Même aujourd'hui , les techniques de soins ont beaucoup évolué , si la chirurgie a pris le pas sur les bains de mer , la tradition est toujours bien ancrée à Berck où plus de 2 500 personnes sont employées dans le secteur de la santé .      

    Toute une histoire

    De nombreuses recherches ont été réalisées par des historiens locaux. La fondation Hopale a souhaité elle aussi appoter sa contribution . Benoit Dolle , directeur et Françoise Dufour, chargée de l'animation culturelle , ont donc suscité il y a quelques années la création de la société d'histoire des hôpitaux de Berck , avec le souhait de fédérer tous ceux que passionne ce passé exceptionnel , qu'ils soient habitants de la commune ou de la région , malades actuels ou anciens , salariés ou intervenants au sein des établissements ... Une équipe de bénévoles s'est lancée dans la collecte de témoignages , de documents et d'objets , la présentation d'expositions , la participation aux journées du patrimoine en septembre et au rencontres internationnales de cerfs volants en avril , l'organisation de conférences , de concerts , etc...     

    Contact :

    Société des hôpitaux de Berck , au centre Calvé , 32 rue du Docteur Calot à berck

    Françoise Dufour , tel 06 83 49 00 46 .  mail : dufourfr@hopale.com  (source du texte : l'écho du Pas de Calais n° 132- mars 2013)


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      Au lieu de transporter des foies dans de la glace, une équipe de chirurgiens britanniques a pu les maintenir en activité grâce à une machine. Ils ont déjà réussi à réaliser deux greffes de foies "chauds" en février 2013.

      équipe chirurgicale

                C'est une petite révolution dans le monde médical. Pour la première fois, une équipe de chirurgiens britanniques a utilisé une nouvelle technique pour réaliser des greffes de foie. Au lieu de transporter les organes dans de la glace, ils ont pensé à les maintenir "chauds". Autrement-dit, ils ont fait en sorte qu'ils soient toujours en fonctionnement une fois hors du corps, à l'aide d'une machine chargée d'injecter des globules rouges directement dans l'organe.    

                Principal avantage de cette nouvelle technique ? Elle permet de mieux préserver l'organe alors que la glace a souvent pour conséquence de l'endommager et de le rendre parfois inutilisable. Mieux, l'équipe du King's College Hospital à Londres estime que cette technique, utilisée sur deux patients en février dernier, pourrait accroître de façon significative le nombre d'organes pouvant être transplantés.    

                Cela fait 20 ans que l'université d'Oxford travaille sur ce projet. "C'était stupéfiant de voir un foie d'abord gris et froid s'empourprer une fois relié à notre machine et fonctionner comme il le ferait à l'intérieur du corps", a commenté le professeur Constantin Coussios, l'un des inventeurs de la machine. "Ce qui a été encore plus incroyable a été de voir le même foie greffé sur un patient qui maintenant va et vient", a-t-il ajouté.   

    Maximiser les chances de réussite de la greffe

    Wayel Jassem, un chirurgien du King's College Hospital qui a réalisé les deux opérations, estime par ailleurs que cette technologie donne plus de temps aux médecins pour vérifier l'état du foie, ce qui leur permettrait de maximiser les chances de réussite de la greffe.

    Enthousiaste, le médecin pense même que cette technologie pourrait "sauver des vies", à l'heure où la pénurie d'organes disponibles ne cesse de s'aggraver.      

          Quelque 30.000 patients attendent de recevoir une greffe de foie en Europe et aux Etats-Unis et un quart d'entre eux vont mourir avant d'avoir pu être opérés, selon l'équipe britannique. Le foie est aujourd'hui le deuxième organe le plus greffé après le rein. (source Mytf1news.fr:  par avec AFP )


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    En 2008,en dehors des urgences, le délai moyen d'accès à un IRM au CHRU de LILLE était de 41 jours .

    En 2011, il était passé à 19 jpurs, notamment grâce aux subventions de la région .Cela est vrai également dans les autres hôpitaux . La santé est une affaire d'Etat , pas une compétence régionale .

    Mais dans le Nord-Pas de Calais, on meurt en moyenne plus jeune que dans les autres régions , et plus souvent du cancer. C'est pourquoi le Conseil régional a décidé , depuis de nombreuses années, de s'investir dans le domaine de la santé, notamment en accordant des aides financières au Centre Hospitalier Régional Universitaire de Lille .    

    scanner hôpital Salengro

        << Etre les meilleurs >>  

    << Notre ambition est d'être le meilleur CHRU au nord de l'Europe  >>, annoce Yvonnick Morice , directeur général .

    Pour cela , le CHRU espère être le premier en France à acquérir un IRM per-opératoire . <<lorsqu'on ouvre la boîte crânienne pour opérer d'une tumeur au cerveau, le cerveau s'affaisse légèrement , explique Jean-Paul Lejeune , professeur de neurologie et chef de service au CHRU . Grâce à cet équipement , nous pourrons refaire une IRM pendant l'opération , ce qui nous permettra d'avoir un geste beaucoup plus précis . C'est une grande avancée pour les neurochirurgiens comme pour les patients .      

    Des moyens matériels et humains

    Mis janvier , une nouvelle convention de partenariata été signée . Elle porte sur la période 2013 -2015 et permettra à la Région de financer le CHRU en fonction de ses demandes , pour des projets structurants portés par les équipes médicales . La précédente convention (2009-2011) a permis à la Région de soutenir 25 projets pour une subvention totale de 8,6 millions d'euro.

     << Grâce à cette convention, nous avons pu accélérer nos investissement et moderniser nos plateaux techniques >> Yvonick Morice , directeur général du CHRU de Lille . << Nous avons eu la chance d'avoir une Région qui s'implique dans la santé , grâce à son soutien, nous espérons être les premiers en France à nous équiper d'un IRM per-opératoire (voir encadré ci-dessus ) >>

    L'aide de la Région permet également d'inciter les jeunes médecins à s'instaler dans le Nord-Pas de Calais et de favoriser la coopération entre les différents ôpitaux de la région . Dans le cadre de la précédente convention , le Conseil Régional a financé , moyennant 1,6 million d'euros .      

    14364 personnes travaillent pour le CHRU de Lille

    Des postes d'assistants à temps partagé et de chefs de clinique dans les hôpitaux régionnaux , 80% d'entre eux sont restés .

     Cécile Bourdon

    Cécile Bourdon Vice-présidente chagé de la santé et   du plan anti-cancers  

            Pourquoi ça me tient à cœur    

            << Un scanner à moins de 30 minutes >>  

    Notre Région souffre d'inégalités , avec un taux de cancers supérieur à la moyenne et , il y a quelques années encore , moins d'équipements modernes et moins de médecins spécialistes qu'ailleurs .

    C'est pour lutter contre ses inégalités que le Coseil Réional , sous l'impulsion du président Daniel Percheron , s'implique depuis 2004 dans les investissements de santé .Nous voulons que chaque habitant ait accès à un scanner et à un IRM à moins de 30 mn de chez lui.

    La santé ne relève pas de notre compétence , mais nous voulons pouvoir être une région bouclier dans la lutte contre les inégalités et dans le combat contre les cancers .

    La signature de cette nouvelle convention avec le CHRU de Lille marque une étape supplémentaire dans notre engagement en faveur des habitants de la Région . Mais elle doit aussi interpeller les autorités nationales car c'est àl'Etat de garantir une égalité de soins sur le territoire . (source : Mon Nord-Pas de Calais -mars-avril 2013 - photo : Jean-luc Cornu )

         


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    Le don croisé d’organes qui lie deux couples de donneur/receveur va démarrer en 2014, selon l'Agence de biomédecine.

    Le don croisé de reins va démarrer en 2014

    Le don croisé d’organes devrait démarrer en France début 2014, selon la directrice générale de l’Agence de la biomédecine. Emmanuelle Prada-Bordenave a fait cette annonce ce 21 novembre, au cours d’une audition devant l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opcest), rapporte l'Agence de presse médicale (APM).

     Jusqu’alors, le don d’organes par d’autres personnes que les membres de la famille n’était pas possible. En juillet 2011, l’Agence de la biomédecine a mis en place de nouvelles dispositions afin d’accroître le don du vivant. Le don croisé réunit deux « couples » donneur-receveur lorsque le don n’est pas possible au sein d’une même famille. Le donneur compatible du couple A peut donner son rein au receveur du couple B, et vice versa. L’Agence estime que cela devrait permettre 50 à 100 greffes supplémentaires par an pour les dons de rein.

    Développer le don croisé

    Pour le moment, seul le don croisé de rein sera effectif. Depuis 2012, l’Agence de la biomédecine se concentre sur ce domaine, qui souffre d’une grave pénurie. Ce système permettrait de régler une partie du problème. Il devrait commencer dès 2014, soit un report d’un an par rapport au calendrier initial. Selon Emmanuelle Prada-Bordenave, « tout est prêt pour que ça marche, les paires sont constituées et le système informatique est prêt. » C’est justement ce travail de répertoire des donneurs potentiels, de croisement des différentes compatibilités et de mise en place du fichier informatique qui a pris tout ce temps. A présent, les greffes pourront être mises en place. La directrice de l’Agence de biomédecine souligne aussi un nombre croissant de donneurs vivants : 11% en 2012 contre 8% en 2011.

     D’autres pistes sont lancées pour accroître les dons d’organes. L’Agence a ouvert la possibilité d’effectuer un don hors du cercle familial. Le succès de cette mesure est resté très limité : seule une dizaine de dons supplémentaire a été relevée. Emmanuelle Prada-Bordenave souhaite aussi développer le don après un arrêt cardiaque. Durant son audition, elle a pointé certaines faiblesses concernant les dons d’organes : les importations de têtes fémorales sont jugées « injustifiées » alors que les dons de sang de cordon et de moelle osseuse sont en quantité largement insuffisantes. (source: pourquoi docteur ?: article de Audrey Vaugrente publié le 22 novembre 2013.)


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    De la recherche à la mise au point d’un médicament

     Les travaux du Pr Jacquemin (hôpital Bicêtre, AP-HP) dans le domaine des déficits héréditaires de synthèse d’acide biliaire, ont abouti à la mise au point d’un médicament orphelin, Orphacol®. Une aventure porteuse d’espoir pour les 20 patients concernés en France par ces maladies rares.

     Les déficits héréditaires de synthèse d’acide biliaire primaire sont des maladies rares qui engagent, à plus ou moins long terme, le pronostic vital. Ils conduisent à une accumulation de substances toxiques (métaboliqueshépatotoxiques), dont l’évolution aboutit à une insuffisance hépato-cellulaire majeure imposant une transplantation du foie en l’absence de solution médicamenteuse.  C’est à partir de 1993 que le Pr Emmanuel Jacquemin, chef du serviced’hépatologie et de transplantation hépatiques pédiatriques de l’hôpitalBicêtre (Hôpitaux Universitaires Paris Sud, AP-HP) montre que l’administration d’acide cholique (acide biliaire majoritaire chez l’homme) en traitement oral quotidien permet par rétrocontrôle de diminuer, voire de supprimer, la production des métabolites anormaux et d’éviter ainsi ce geste chirurgical particulièrement lourd qu’est la transplantation du foie, surtout chez les jeunes enfants. A partir de cette observation clinique, des gélules d’acide cholique sont alors mises au point en tant que « préparation hospitalière » par la pharmacie de l’hôpital Bicêtre (AP-HP). 
     
     
    Maladies rares du foie :

     

    « Les maladies que l’on peut traiter si efficacement, de façon parfaitement physiologique c’est-à-dire avec un produit naturellement produit par le corps humain, sont extrêmement rares. Suite à la prise d’acide cholique, un système de régulation efficace se met en place, permettant de corriger les conséquences du déficit de synthèse des acides biliaires. Pour traiter ces maladies, nous avons montré qu’il suffisait juste d’apporter ce que le foie n’était pas capable de produire. Dans la cohorte de patients que nous traitons depuis 1993, les premiers à recevoir le traitement étaient inscrits sur la liste d’attente pour une transplantation hépatique. En seulement quelques mois, nous avons vu leur état s’améliorer de façon spectaculaire, avec une évolution très rapide des paramètres biologiques hépatiques, de l’ordre de 3 à 6 mois seulement après le début du traitement » précise le Pr Jacquemin. « Nous avons ensuite été soutenus par l’Agence générale des équipements et produits de santé (AGEPS) pour reprendre la production de cette préparation hospitalière puis par l’Office du transfert de technologie et des partenariats industriels de l’AP-HP pour aboutir à l’AMM européenne ».

      Effectivement, au vu d’une demande pérenne et croissante, l’Etablissement Pharmaceutique de l’AP-HP (EP-HP), seul établissement pharmaceutique civil public en France pour la recherche et le développement de médicaments orphelins a été sollicité par l’hôpital Bicêtre en vue de la reprise de la production de cette préparation hospitalière.  Après plusieurs années de développement interne à l’AP-HP (équipe médicale du Pr Jacquemin pour le suivi des malades et équipes pharmaceutiques pour la mise à disposition d’une préparation hospitalière d’acide cholique), l’EP-HP – un des pôles de l’AGEPS – a obtenu en 2002 le statut de médicament orphelin pour l’acide cholique. Avec l’aide de l’Office du Transfert de Technologie et des Partenariats Industriels (OTT&PI) de l’AP-HP, un partenariat est signé en 2007 entre l’AP-HP et le laboratoire CTRS. Ce dernier a abouti à l’obtention d’une AMM européenne en septembre 2013 pour Orphacol®. 
    « Le traitement n’est pas contraignant, il consiste à prendre une à deux gélules par jour et aucun effet secondaire n’est à déplorer. Avec un recul de près de 20 ans, on voit que les patients traités bénéficient de conditions de vie parfaitement normales. Trois des patientes que nous traitons ont d’ailleurs donné naissance à deux enfants normaux chacune » poursuit le Pr Jacquemin.  (source :Le Webzine de l'AP-HP )

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     Un coeur artificiel autonome, conçu par la société française Carmat, a été implanté pour la première fois, mercredi à Paris, dans la poitrine d'un patient souffrant d'insuffisance cardiaque terminale, une nouvelle génération de prothèse qui veut pallier le manque de coeur à greffer. 

     

     "Cette première implantation s'est déroulée de façon satisfaisante, la prothèse assurant automatiquement une circulation normale à un débit physiologique", ont indiqué vendredi de conserve la société Carmat et les chirurgiens qui ont procédé à l'intervention, sous la direction du Pr Alain Carpentier, concepteur du projet, à l'Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP).

     "Le patient est actuellement sous surveillance en réanimation, réveillé et dialoguant avec sa famille", ont-ils précisé en qualifiant cette opération de première mondiale.

     L'intervention a été réalisée par les professeurs Christian Latrémouille et Daniel Duveau dans le service du Pr Jean-Noël Fabiani.

     Elle a été saluée par la ministre de la Santé : c'est "une grande fierté pour la France", a estimé Marisol Touraine.

     "Il faut rester prudent, c'est un premier malade. Le recul est encore bref " a tempéré le Dr Philippe Pouletty, cofondateur de Carmat.

     Les autorités sanitaires françaises avaient donné leur feu vert fin septembre pour ce premier test clinique sur l'homme.

     La prothèse "mime totalement un coeur humain normal avec deux ventricules qui mobilisent le sang comme le ferait le muscle cardiaque, avec des capteurs qui permettent d'accélerer le coeur, d'augmenter ou diminuer le débit. Le malade dort, ça diminue. Il monte les escaliers, ça accélère, donc ça n'a rien à voir avec une pompe mécanique", avait expliqué en septembre Philippe Pouletty, le co-fondateur du groupe.

    Sauver des dizaines de milliers de patients

     Le patient implanté, dont l'identité n'a pas été rendue publique, devait souffrir, pour être opéré, d'une insuffisance cardiaque terminale, avec un pronostic vital engagé et ne bénéficiant d'aucune alternative thérapeutique, selon les conditions posées par les autorités sanitaires françaises.

     Carmat assure que son coeur artificiel pourrait sauver chaque année la vie de dizaines de milliers de patients sans risque de rejet et en leur assurant une qualité de vie sans précédent.

     Développée avec le professeur Alain Carpentier, spécialiste de chirurgie cardio-vasculaire, la bioprothèse vise à pallier la pénurie de coeurs à greffer mais aussi à apporter une solution aux contre-indications à la transplantation (antécédent de cancer par exemple).

     Ce coeur artificiel, à armature de plastique dur comme le métal, reproduit la physiologie de l'organe normal avec ses deux ventricules et ses battements, à l'aide de moto-pompes. Il a la capacité de s'adapter aux conditions de vie habituelle d'une personne grâce à un système électronique embarqué extrêmement sophistiqué qui s'adapte aux besoins de l'organisme en fonction de son activité.

     Le prix de ce coeur à batterie externe est de l'ordre de 140.000 à 18.0000.

     Pour éviter le problème de formation de caillots auquel se sont heurtés des modèles concurrents, des biomatériaux éprouvés dans les valves cardiaques, inventées il y a trente ans par le Pr Carpentier et vendues dans le monde entier, sont utilisés.

     Il s'agit de tissus animaux traités chimiquement pour éviter le rejet. Grâce à ces tissus, "les malades n'ont pas besoin d'anticoagulants", avait assuré le Pr Carpentier.

     Le prototype de 900 grammes est compatible avec 70% des thorax d'hommes et 25% de ceux des femmes, avaient expliqué des spécialistes lors de l'entrée en Bourse de Carmat en 2010.

     L'utilisation de coeurs artificiels n'est pas nouvelle, avec des tentatives datant de plusieurs décennies (JarviK 7...).

     Mais, depuis, le terme sert souvent à désigner des pompes ventriculaires d'assistance cardiaque, essentiellement utilisées comme solution transitoire.

     Un rival de Carmat, AbioCor de la firme Abiomed, a été autorisé aux Etats-Unis pour des patients au coeur en bout de course, avec une espérance de vie inférieure à un mois et n'ayant pas d 'autres options (greffe ou autres).

     En 2001, un patient de 59 ans, décédait aux Etats-Unis des suites d'une importante hémorragie abdominale 152 jours après l'implantation d'un coeur artificiel AbioCor qualifié d'autonome.  (source AFP du 20 12 2013)


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     Un spray buccal contenant un dérivé du cannabis a reçu son autorisation de mise sur le marché.

     

     Un médicament dérivé du cannabis, le Sativex, a obtenu une autorisation de mise sur le marché, a annoncé jeudi le ministère de la Santé. Il est destiné à soulager certains patients atteints de sclérose en plaques.

     L'autorisation de mise sur le marché "est une étape préalable à la commercialisation du produit, qui interviendra à l'initiative du laboratoire", précise le ministère, alors que ce spray buccal des laboratoires britanniques GW Pharmaceuticals devrait être commercialisé en France par le laboratoire Almirall. En octobre, Almirall avait indiqué à l'AFP espérer pouvoir commercialiser le spray, déjà disponible dans de nombreux pays européens dont l'Allemagne et le Royaume-Uni, "au mieux en 2015".

     Sativex sera utilisé "chez certains patients atteints de sclérose en plaques, pour soulager les contractures sévères, résistantes aux autres traitements", indique le ministère de la Santé. Le traitement devra être initié par un neurologue et un rééducateur hospitalier

     En France, depuis plusieurs années, un dérivé de cannabinoïde obtenu par synthèse, le dronabinol, peut être prescrit pour des douleurs chroniques dans le cadre d'une autorisation temporaire d'utilisation (ATU), une procédure spéciale réservée à des pathologies pour lesquelles il n'existe pas de traitement approprié. Seule une centaine de patients en auraient bénéficié.

     Marisol Touraine, la ministre de la santé, avait ouvert la possibilité, par un décret du 5 juin dernier, que des médicaments dérivés du cannabis fassent l'objet d'une demande d'autorisation en France (source AFP du 09 01 2014)


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    De nouvelles avancées se profilent dans le traitement de la maladie de Parkinson grâce à une thérapie génique expérimentale qui a permis d'améliorer la motricité et la qualité de vie d'une quinzaine de patients atteints d'une forme évoluée de la maladie.

     "Les symptômes moteurs de la maladie ont été améliorés jusqu'à 12 mois après l'administration du traitement chez tous les patients, voire jusqu'à 4 ans chez les premiers à avoir été opérés", a indiqué le Pr Stéphane Palfi, le neurochirurgien français qui a piloté un essai clinique dont les résultats sont publiés vendredi dans la revue médicale britannique The Lancet.

     La maladie de Parkinson est l'affection neurodégénérative la plus fréquente après la maladie d'Alzheimer. Elle touche quelque 5 millions de personnes dans le monde et 120.000 en France.

     Réalisée par une équipe de chercheurs franco-britanniques, l'étude clinique de phases 1 et 2 a porté sur 12 patients traités au total depuis 2008 par le Pr Palfi à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil et 3 à l'hôpital Addenbrookes à Cambridge (Royaume-Uni).

     La thérapie génique ProSavin a consisté à injecter dans le cerveau des 15 patients un virus de cheval sans danger pour l'homme, appartenant à la famille des lentivirus, vidé de son contenu et "rempli" avec les trois gènes (AADC, TH, CH1) essentiels pour la fabrication de la dopamine, une substance qui fait défaut chez les personnes atteintes de Parkinson.

     Avec un recul de quatre ans, les chercheurs estiment avoir pu démontrer "l'innocuité" à long terme de cette méthode innovante pour introduire des gènes dans le cerveau des patients.

     Grâce à la thérapie génique, les 15 patients opérés se sont remis à fabriquer et à secréter de petites doses de dopamine en continu.

     Trois niveaux de doses ont été testés, la plus forte s'étant avérée la plus efficace, selon le Pr Palfi qui estime que ses travaux "ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques dans les maladies du cerveau".

     Il a toutefois reconnu qu'au-delà de 4 ans, les progrès moteurs s'atténuaient en raison de l'évolution de la maladie.

     D'autres approches de thérapie génique utilisant des adénovirus (souvent responsables d'infections respiratoires), et non pas des lentivirus injectés directement dans une région du cerveau appelée le striatum, sont actuellement développées aux États-Unis et testées sur des patients atteints de formes modérées à sévères de la maladie. 

    De la dopamine en continu

     La thérapie génique ProSavin devrait faire l'objet de nouveaux essais cliniques à partir de la fin de l'année, a indiqué le Pr Palfi, précisant que son équipe était en train d'améliorer les performances du vecteur pour qu'il puisse produire plus de dopamine.

     Dans un commentaire joint à l'article du Lancet, Jon Stoessl, de l'Université de British Columbia à Vancouver, souligne le côté novateur de l'approche franco-britannique.

     Mais il regrette également qu'elle ne s'adresse qu'aux symptômes moteurs et pas à d'autres troubles (hallucinations, changements de caractère, troubles cognitifs), non liés à la production de dopamine mais qui peuvent devenir de plus en plus pénibles au fur et à mesure que la maladie progresse.

     Elle est provoquée par la dégénérescence des neurones qui produisent la dopamine, un neurotransmetteur intervenant dans le contrôle de la motricité et se traduit par des symptômes qui s'aggravent progressivement tels que des tremblements, une rigidité des membres et une diminution des mouvements du corps.

     Le principal traitement consiste à prendre des médicaments mimant l'action de la dopamine manquante dans le cerveau (levodopa ou L-dopa), mais ceux-ci entraînent au fil du temps des effets indésirables importants, tels que des mouvements anormaux involontaires.

     L'autre traitement est la technique de "stimulation cérébrale profonde" qui consiste à implanter des électrodes au sein des structures profondes du cerveau, mais qui nécessite par la suite des "réglages". (source AFP du 10 01 2014)


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  • Il y a tout juste 60 ans,en décembre 1952, l’histoire du jeune Marius mettait en émoi la France entière. Le jeune garcon était tombé d’un échafaudage. L’hémorragie avait contraint le chirurgien à lui retirer un rein, mais il ignorait bien sûr qu’il n’en avait qu’un. Sa mère, Gilberte Renard, supplia les médecins de l’hôpital Necker de greffer l’un de ses propres reins à son fils. Et parvint à les convaincre.

    La Greffe de rein fête son 60ème anniversaire

     Opéré pendant la nuit de Noël 1952, Marius fut le premier à bénéficier en France d’une greffe de rein. Tout le monde pensait que c’était un succès, mais les traitements anti-rejet n’existaient pas encore, et le jeune homme s’éteignit au bout de quelques jours. Les médias se sont emparés de cette histoire. Malgré sa cruauté, cet échec a eu un retentissement mondial et a ouvert définitivement l’ère de la transplantation d’organes « Tout juste 60 ans après la réalisation à Paris de cette toute première greffe rénale, il y a eu beaucoup de progrès.

     Pour autant, la situation des malades dont les reins ne fonctionnent plus mérite d’être améliorée », précise Yvanie Caillé, à la tête de l’association Renaloo. Elle a fondé cette structure il y a une dizaine d’années, après qu’elle ait elle même été dialysée et greffée. Elle rappelle qu’il y a chaque année 120 000 patients en attente d’un rein et seulement 3000 greffes. Or les greffes de donneurs vivants sont celles qui offrent les meilleurs résultats aussi bien en termes de durée de vie que de qualité de vie.

     En deuxième position, viennent les greffes de donneurs morts, et enfin, en troisième recours, la dialyse. « Dans d’autres pays, les gens sont beaucoup plus sensibilisés. C’est pourquoi nous avons mis en place cette campagne. Nous avons été accompagnés par BETC, qui nous ont offert leurs compétences car ils ont été conquis par la cause. L’an dernier, nous avions fait une campagne d’affichage.

     Cette année, avec une campagne télévisée, nous passons à la vitesse supérieure », souligne Yvanie Caillé. Autre mécène, JC Decaux, qui a donné une visibilité à cette campagne sur 5000 abribus. “Au travers de cet anniversaire exceptionnel, il s’agit de témoigner une profonde reconnaissance aux donneurs, mais aussi aux professionnels de santé qui oeuvrent chaque jour pour rendre possibles ces greffes”, precise Yvanie Caillé. Son espoir : que cette campagne permette de faire savoir que le fait de donner un rein permet de sauver des vies. Et que c’est la solution qui garantit les meilleures chances de succès !

     Une campagne d’autant plus pertinente que l’on estime à près de 3 millions le nombre de Français qui sont concernés par des maladies rénales. (source : la voix des patients du 20 12 2013)


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