• condensé de lecture raconté par l'un de ses auteurs  ,le professeur Ch. Best.

        A voir le médecin qui entrait dans le laboratoire , le matin du 16 mai 1921, on aurait pas deviné que son nom serait immortel.  

        Il faut reconnaître qu’à vingt-neuf ans cela ne se voit guère .    

    dr banting

            Le Dr Frederick Banting avait plutôt l’ air d’un fermier , taillé en force , les épaules un peu voutées , des yeux bleu-vert , un grand nez et un menton proéminent et volontaire. Il avait une voix hésitante et basse qui trahissait une timidité naturelle.  

        - Mettons-nous à l’ouvrage , monsieur Best, me dit-il. Nous n’avons pas tellement de temps.  

    C’était peu dire ! Il avait demandé à l’université de Toronto que l’on mît à sa disposition un laboratoire pour une durée de deux mois , dix chiens et un assistant qualifié en chimie et en physiologie .

        Ces modestes besoins représentaient tout au plus une centaine de dollars. Il pensait que cela lui suffirait pour venir à bout d’une maladie qui avait toujours déjoué les efforts des médecins , un mal implacable et mortel : le diabète  

    .-Vous savez le français , n’Eest-ce pas ? Me demanda Banting.  

        Allons donc à la bibliothèque voir comment un français du nom de Hédon a retiré le pancréas d’un chien.  

        Ce fut le commencement.  

        Nous connaissions tous deux les horreurs du diabète, décrit par un médecin grec deux mille ans plus tôt comme << une maladie dans laquelle la chair fond et passe dans les urines >> .Il se passait , chez les diabétiques , quelque chose qui les empêchait de brûler leur sucre pour produire de l’énergie , si bien que leur corps se dévorait lui-même, tirant sa subsistance de ses graisses et des protéines.  

    On notait également chez ces malades une soif inextinguible , et les nombreux litres d’eau qu’ils avalaient passaient dans leurs urines sucrées . Leur appétit était dévorant . Le seul traitement connu était un régime sévère destiné à rétablir l’équilibre chimique perturbé du patient.

     Les diabétiques graves avaient le choix entre bien manger et succomber rapidement ou bien se mettre à un régime de famine et traîner pendant quelque temps dans un état d’épuisement et de langueur.

        Banting avait vu le diabète faire d’une de ses camarades de classe, une jeune fille de quinze ans pleine de vie, une malheureuse créature que la mort n’avait pas tardé à emporter .  

    Chez moi à West Pembroke , dans le Maine , j’avais vu la même chose arriver à ma tante Anna . C’était une forte femme d’une trentaine d’années , qui ne pesait plus que 36 kg à sa mort.

        A voir l’équipe que nous formions tous deux , personne n’aurait pensé que nous étions de taille à nous mesurer avec le diabète.  

    J’avait vingt-deux ans , j’avait obtenu mes premiers diplômes et je préparais mes certificats de physiologie et de biochimie.

     Quant à Banting , il n’avait pratiquement aucune expérience de la recherche. Sur les instances de sa famille , il entreprit des études de théologie pour devenir pasteur méthodiste , mais son élocution difficile le décida à changer de voie et à s’orienter vers la médecine . Comme étudiant , il était tout à fait moyen.

    Après avoir été chirurgien dans l'armée canadienne , au cours de la Première Guerre mondiale, où sa bravoure lui valut la Military Cross, il s'installa comme chirurgien orthopédiste à London, Ontario , et se mit à attendre une clientèle qui ne venait jamais .

    Un certain mois , ses honoraires ne dépassèrent pas quatre dollars.

    Ne lui voyant guère d'avenir sa fiancée rompit avec lui.

        A présent , voilà que cet homme mettait en jeu toutes ses maigres ressources persuadé qu'il allait guérir le diabète sucré.  

    Ayant abandonné ses quelques patients  et vendu son mobilier médical , ses livres, ses instruments , bref tout ce qu'il possédait, Banting se trouvait le dos au mur.

        On savait que le pancréas , cette glande abdominale jaune pâle , en forme de têtard , qui secrète des sucs digestifs , avait quelque chose à voir avec la diabète .  

    En 1889, l'allemand Oscar Minkowski avait pratiqué l'ablation du pancréas d'un chien , pour voir si l'animal survivait à cette mutilation.

    Le lendemain , il vit que les mouches étaient attirées par les flaques d'urine de la bête .

    L'urine était sucrée: le chien bien pourtant la veille était devenu diabétique.

        Les sucs pancréatiques contiennent -ils un facteur qui régle normalement le métabolisme des sucres ? Pour en faire la preuve , des chercheurs ligaturèrent , les canaux par lesquels ces sucs se déversaient dans l'intestin.  

    Le pancréas s'atrophia  et dégénéra , mais les chiens ne devenaient pas diabétiques !Rabougri, incapable de  transmettre ses sécrétions digestives à l'intestin , leur pancréas continuait à produire le facteur antidiabétique.

        Si ce dernier n'était pas contenu dans les sucs pancréatiques , où se trouvait -il donc ?  

        L'attention se porta sur les milliers de mystérieux <<îlots >> cellulaires éparpillés à travers le pancréas et entourés de fins capillaires ..  

    Peut-être sécréteraient-ils quelque substance X , quelque hormone qui réglait la combustion du sucre ?

    Et si ces îlots déversaient leur sécrétion non pas dans l'intestin mais dans la circulation sanguine ?

    Plusieurs chercheurs avaient eu cette idée et s'étaient attachés à repérer cette hormone , mais tous avaient échoué.

    présent , c'était notre tour .

    -  Voyez - vous , monsieur Best , me dit Banting (nous ne devions nous appeler Fred et Charley que plusieurs jours après) , voyez-vous , lorsque les chercheurs enlèvent un pancréas sain  et le broient pour extraire cette substance X , il est possible que les ferments du suc digestif se mélangent avec cette substance et la détruisent comme ils détruisent les protéines dans l'intestin. C'est peut-être pour cela que personne n'a encore été capable de la découvrir.

        Sachant qu'en cas de ligature des canaux pancréatiques les cellules qui sécrètent les sucs digestifs dégénèrent plus vite que celles des îlots , nous nous proposions de lier ces canaux chez des chiens et d'attendre . <<Au bout de sept à dix semaines le pancréas aura dégénéré et cessera de fabriquer des sucs digestifs et il n'y aura plus rien qui détruise la substance X . Vous l'extrairez , et nous administrerons à un chien diabétique cet extrait pour voir s'il abaisse le taux du sucre dans le sang et dans l'urine.>>  

        Je fis mon travail de chimiste dans notre minuscule laboratoire. La chirurgie canine se pratiquait deux étages au-dessus , dans le grenier à la lumière du jour. A la fin de l'été , ce grenier aurait pu  rivaliser avec n'importe quel bain turc.  

        Pour avoir un peu moins chaud , nous ne portions guère de vêtements sous nos blouses blanches .  

        Faute d'argent , nous mangions au laboratoire. La base de notre alimentation était constituée par des œufs et des saucisses que nous faisions cuire sur un bec Bunsen.  

        Nous avions beaucoup de mal à nous procurer des chiens.  

    Lorsque la situation devint critique , Banting me dit :

        - mets<<les pancréas >> en route , Charley, et allons-y !  

        C'est ainsi que nous appelions notre Ford modèle T .Et nous voilà partis à grand tintamarre à travers les quartiers pauvres de Toronto , cherchant des chiens que leurs propriétaires voulaient bien nous céder pour un dollar.  

        Nous avions fait notre première ligature de canaux pancréatiques en mai et espérions trouver au début de juillet des pancréas atrophiés pour avoir récupérer la substance X . Nous ouvrîmes le ventre de l'un des animaux . Son pancréas était magnifique , nullement atrophié ne ratatiné. Banting et moi , nous avions mal fait nos ligatures.  

        Nos deux mois étaient à peu près écoulés . Nous aurions pu nous avouer vaincus . Mais Banting était têtu . Pendant la guerre , il avait été blessé au bras droit par un éclat de shrapnel. Les médecins avaient voulus l'amputer . Il s'y était opposé et avait réussi , à force de soins , à recouvrer l'usage de son bras. nos projets étaient bien malades , mais nous allions essayer de les sauver. 


    votre commentaire
  •                         En 1981, lorsque Simone D. commença son traitement à l'institut Curie , plus de 700 anciennes malades traitées dans ce centre avaient déjà passé la cap des cinq ans puis des dix ans de survie , sans avoir présenté le moindre signe de rechute et sans que leur poitrine ait été abîmée par les radiations  

        Ayant gardé un souvenir très vif des mutilations et des souffrances endurées par sa mère et sa tante . Simone trouva le traitement beaucoup moins effrayant qu'elle ne l'avait redouté . Elle s'est remise rapidement .Cela va faire cinq ans qu'elle a été opérée . elle revient tous les six mois à l'institut Curie passer un examen clinique et se fait faire chaque année une mammographie . L'incision opératoire a été pratiquée dans le pli naturel du sein , de sorte que l'opération n'a laissé aucune marque visible .  

        Certains médecins ont expérimentés des thérapies permettant de réduire encore plus le champ opératoire . Depuis octobre 1979 les Pr François Baillet de l'hôpital Necker et Claude Maylin de l'hôpital Saint-Louis , travaillent à perfectionner une technique de traitement dans laquelle une chirurgie plus légère est compensé par une plus grande précision de l'irradiation . Ce traitement a déjà été pratiqué sur plus de 850 patientes , chez lesquelles la tumeur atteignait parfois 5 cm << dans la mastectomie fragmentaire classique , explique le Pr Maylin , le chirurgien enlève une importante portion de tissu apparemment normal , ceci par crainte que quelques cellules cancéreuses n'aient migré de la tumeur dans la région environnante .>>  

        Le procédé Maylin-Baillet , (celui pour lequel a opté la princesse arabe) n'exige que le minimum 'ouverture nécessaire pour extraire la tumeur et un très faible volume de tissu environnant , et le prélèvement pour analyse de quelques ganglions de l'aisselle . Une fois ce travail terminé ,le radiologue ,qui assiste à l'opération , dispose de 3 à 5 tubes de plastique souple à la place de la tumeur . Le lendemain de l'intervention , la patiente est transportée dans une chambre entièrement tapissée de plomb , et là on procède à l'insertion , dans les tubes pré implantés la veille , de fils d'iridium-192 radioactif . Les radiations émises par ces fils vont stériliser les cellules cancéreuses qui pourraient avoir gagné les tissus environnants . Les tubes sont enlevés au bout de vingt-quatre ou de quarante -huit heures et la malade n'en garde pour trace que quelques points rouges qui marquent l'emplacement des fils d'iridium et disparaissent généralement au bout de quelques temps . Le traitement est complété par des séances de bombe au cobalt . Si besoin est , on y ajoute aussi de la chimiothérapie. << Jusqu'ici, précise le Pr Maylin , notre méthode connaît une réussite de 95% pour la survie au-delà de cinq ans , sans récurrence et avec des résultat esthétiques généralement satisfaisants .>>  

        La chimiothérapie n'est considérée actuellement que comme une seconde ou une troisième ligne de défense contre le cancer , après l'intervention chirurgicale et la radiothérapie .Mais elle a fait de notables progrès , surtout grâce à la mise au point de nouveaux médicaments anticancéreux , et certains cancérologues sont persuadés qu'elle pourrait servir un jour de premier moyen de défense contre le cancer du sein.

    Les traitements appliqués à la Pitié-Salpêtrière sont peut-être l'exemple le plus intéressant -et le plus discuté -  de cette orientation . L'idée en remonte aux années  60 ,  époque où  le cancérologue Claude Jacquillat  commença à traiter par la chimiothérapie diverses affections malignes  <<pourquoi , se disait-il , ne pas tenter la même approche pour un cancer du sein ?>> .

         L'occasion lui en fut offerte au printemps de 1980 . Une amie de sa famille , âgée de quarante-deux ans , lui apprit au téléphone qu'elle avait une grosseur au sein droit.  

        << Lorsqu'elle vint se faire examiner , dit le Pr Jacquillat , la tumeur mesurait 12,5 cm de diamètre  ! >> Un chirurgien considéra qu'on ne pouvait pas l'opérer ,,et il fut décidé d'essayer dès le lendemain la chimiothérapie . Les perfusions de substances anticancéreuses se révélèrent peu efficaces . Le Pr Jacquillat y ajouta une substance très active : l'adriamycine .  

            << Alors , subitement , dit-il , la tumeur se mit à régresser >> Au boit de deux mois , elle ne mesurait plus que 10 cm  .Après trois autres mois de chimiothérapie , complétée par cinq séances d'irradiation au cobalt et à l'iridium pratiquées à l'hôpital Necker sous l'étroite surveillance du Pr Baillet , la tumeur avait pratiquement disparu . Pour prévenir les métastases , on poursuivit encore la chimiothérapie pendant dix-huit mois .<<On ne peut parler encore que de rémission , précise avec prudence le Pr Jacquillat , et non de guérison >>. Pour pouvoir employer ce dernier terme , il faudra attendre que la patiente ait passé le cap de cinq ans de survie  sans récurrence du cancer .Jusqu'ici , sur environ 200 personnes traitées par les Pr Jacquillat et Baillet , plus de 85 %ont pu éviter l'intervention chirurgicale , et cela avec des résultats au moins équivalents aux autres traitements évitant l'ablation du sein .  

     En dépit de tels succès , le corps médical a été lent à adopter ces nouvelles méthodes .Un article est pourtant paru dans la très sérieuse revue médicale américaine The New England Journal of Médecine  qui donnait à entendre que la mastectomie fragmentaire , assortie de séances de radiothérapie pour toute les patientes et de chimiothérapie pour celles dont les ganglions étaient <<positifs >> ,  était certainement indiquée dans la plupart des cas de tumeurs primaires du sein . En fait , selon les estimations , 80 à 85% de ces tumeurs aux Etats-Unis , et 50%,en Europe ,sont traitées par ablation totale du sein .

        Alors direz-vous , concrètement , que doit en conclure la patiente chez laquelle on vient de diagnostiquer un cancer du sein ? << Chaque cas , insiste le Pr Baillet , doit être jugé d'après les symptômes cliniques qui lui sont particuliers .La patiente a droit à une explication détaillée des différents traitements possibles et doit pouvoir essayer un traitement n'entrainant pas l'ablation du sein . La chirurgie plus étendue , non conservatrice , doit être réservée aux échecs de traitements conservateurs >>.  

        << Il s'agit du corps de la patiente ; ajoute le Pr Jacquillat .Elle a tout de même le droit de participer à la décision >>.


    votre commentaire
  •                         Les cancérologues français ont mis au point de nouvelles techniques qui permettent d'éviter l'ablation  

        2) Des traitements moins mutilants  

       Un jour de printemps1982. Hélène S. , en prenant son bain , détecte au toucher une grosseur au sein gauche .<<Il n'y avait jamais eu de cancer dans ma famille , explique cette femme écrivain de quarante-trois ans . Je pensais que c'était un kiste .>> Son médecin , consulté , déclara  qu'il s'agissait sûrement d'un lipome , une tumeur bénigne  

        Mais deux mois plus tard , en examinant ce sein dans la glace , Hélène y voit un renflement .Cette fois , elle consulte un cancérologue , qui diagnostique une tumeur maligne . <Nous pouvons vous soigner , dit-il , mais il va falloir vous enlever un sein .>>  

            << J'étais terrorisée à l'idée de me faire emputer >>, avoue-t-elle . Elle retourne la question en tous sens avec son mari et finalement décide de se mettre en quête d'un cancérologue qui soit en faveur d'un traitement moins radical.  

        Simone D. , une parisienne de soixante ans , n'est pas vraiment surprise , elle , de se découvrir au sein gauche une grosseur de 3 cm de diamètre . << Ma mèrevet l'une de mes tantes sont mortes d'un cancer , explique-t-elle , alors j'ai prit l' habitude de me palper les seins une fois par mois .>> Elle se rend à l'institut Curie , à Paris , où on lui fait un prélévement . Les analyses de laboratoire confirment ses craintes .  

        <<Ma première idée a été de tout faire pour survivre >>, dit-elle . Sa tante et sa mère avaient toutes les deux subi une mastectomie complète , avec ablation totale du sein , des muscles pectoraux , du tissu et des glanglions de l'aisselle .  

            Autre cas , celui d'une princesse du Moyen-Orient de quanrante -six ans chez qui on découvre une tumeur de 3,5 cm au sein gauche . Le chirurgien qu'elle consulte est partisan d'une mastectomie immédiate limitéeb à l'ablation du sein . << j'avais eu vent de l'existence de traitements  permettant d'éviter l'ablation du sein , dit-elle , mais ce cancérologue ne voulait pas en entendre parler .>>  

    La princesse se renseigne sur les taux de récurrence et  de survie des différents traitements anticancéreux , ainsi que de leurs résultats sur le plan esthétique . Elle opte finalement pour un traitement moins mutilant , et prend l'avion pour Paris .

    Il y a une dizaine d'années ces femmes n'auraient pas eu le choix . Le traitement du cancer du sein supposait au minimum l'ablation de la totalité de l'organe malade . Aujourd'hui , les femmes peuvent souvent s'épargner de telles mutilations . Et , tout d'abord , la mastectomie peut être plus ou moins fragmentaire . A Simone . D.  , par exemple , on a enlevé que la tumeur et une assez large section du tissu environnant : une intervention chirurgicale limitée complétée par des scéances de radiothérapie . Pour la princesse arabe , l'intervention se limita aussi à la tumeur et à un faible volume du tissu environnant , et la radiothérapie fut pratiquée de façon interne . Quant à Héléne S. , elle n'a subi aucune intervention chirurgicale , mais a été traitée uniquement par chimio et radiothérapie . Ces trois femmes mènent à, présent une vie normale , et ne gardent sur le corps que peu ou pas de traces de leur cancer.

        C'est là une étape importante dans le traitement d'une maladie qui , en Occident , frappe une femme sur quatorze et qui constitue l'une des principales causes de décès chez les femmes de plus de trente-cinq ans.  

        La première description technique de la mastectomie radicale remonte à 1894 . Avant cette date , le cancer du sen était généralement considéré comme incurable : moins de 20 % des patientes survivaient quelques années à leur maladie . Avec la mastectomie complète , près de 50 % des patientes étaient encore en vie cinq ans après l'intervention et 25 % exemptes de rechute quinze ans plus tard.  

        Mais cette survie , les patientes devaient le payer cher . L'opération laissait une énorme cicatrice . A la place du sein disparu , la peau était plate et raide . On observait souvent une perte importante de mobilité du bras , qui se mettait à enfler de temps à autre , un renfoncement de la poitrine sous les clavicules et de fréquentes douleurs thoraciques . De plus , l'ablation  du sein ne garantissait nullement les patientes contre le risque de récurrence du cancer et de prolifération de métastases . Aussi les chirurgiens élargissaient-ils le champ opératoire de façon à supprimer les glanglions . Il y a moins de quarante ans , certains pratiquaient encore la mastectomie la plus radicale en enlevant les glanglions mammaire .  

    Pourtant dès 1924, Le Dr Geoffrey Keynes , radiologue à l'hôpital St. Bartholomew de Londres , pratiquait une forme de mastectomie bien moins destructrice , qu'il associait à un traitement par le radium et les rayons X pour détruire les cellules cancéreuses subsistantes .

        Dans les années 30 , Le Dr François Baclesse et ses collègues de l'institut Curie expérimentèrent des traitements par seule radiothérapie .Quelques années plus tard, le Dr Sakari Mustakalio, en Finlande et le Dr Robert Mc Whirter, en Ecosse laissaient à leurs patientes le choix entre l'ablation totale du sein et une mastectomie fragmentaire suivie de l'irradiation des glanglions de l'aisselle . Aucune de ces technique n'accrut le taux de survie , mais elles montrèrent que la radiothérapie pouvait souvent se substituer à la mastectomie radicale .  

        La plupart des cancérologues continuaient pourtant à ne se fier qu'à cette dernière technique , sans avoir vraiment la preuve d'obtenir ainsi de meilleures chances de survie .  

        Il y eut cependant quelques exceptions . En 1956, par exemple , le Dr Olivier Cope , professeur de chirugie à la faculté de médecine de Harward , se trouva confronté à une patiente qui tenait absolument a conserver son sein . Après une simple incision , il n'enleva que la tumeur e fit subir à la malade une radiothérapie . Cinq ans plus tard , cette patiente , (et une autre à laquelle on avait appliquait le même traitement ), se portait aussi bien que les femmes ayant subi l'amputation complète .<<Ce fut pour moi une preuve si convaincante , écrit le Dr Cope , qu'en 1960, je cessai complétement de pratiquer la mastectomie totale >>.  

        Des progrès ont également été réalisés dans le domaine de la radiothérapie . Les premieres séances pratiquées avec des appareils à rayons X assez rudimentaires brûlaient la peau des patientes . La mise au point d'appareils plus puissants et plus précis permit de meilleurs résultats .

     

     

     


    votre commentaire
  •                        

    La régie Renault , avec laquelle Pierre Rabischong est en contact ,en tant que membre fondateur de l'association française de la robotique industrielle , se passionne pour ses travaux . La division des automatismes de la régie , qui travaille aussi sur la mécanique de la marche , décide de mettre des ingénieurs et des moyens financiers à la disposition de l'équipe médicale de Montpellier.

            Durant trois ans , l'effervescence régne dans le bâtiment de l'INSERM , situé à quelques kilomètres de la ville . Médecins , chercheurs et techniciens établissent le cahier des charges de la nouvelle machine à marcher .C'est ce que les spécialistes de la robotique appelent << un système maître-esclave >>. La machine qui pése maintenant 17 kg , est beaucoup plus mobile , et moins chère: environ 30.000 francs .  

            Entre-temps , l'association Propara s'est dotée d'un centre clinique équipé d'un matériel de pointe , avec lequel les paralysés apprenent à de réadapter aux gestes quotidients . Au moment de l'accident de Marie-Pierre , en juillet 1982, le Centre Propara ouvre ses portes . Sur les conseils de son mari , chercheur à l'unité INSERM des sciences physiques , la jeune femme s'y fait hospitaliser . Mise au courant de la dernière réalisation du Pr Rabischong , elle pose de nombreuses questions sur la machine à marcher . Car Marie-Pierre ne veut pas rester dans un fauteil roulant . Son activité de gymnaste lui a donné le sens du dépassement . C'est décidé : elle essaiera la machine .  

           Marie-Pierre et Emmenuel , vêtus de la combinaison bleue , sont côte à côte . Un mois après sa première marche , la jeune femme va réaliser une grande première : tourner. Ce mouvement qui semble très simple , a causé d'innombrables difficultés aux chercheurs . <<Quand vous tournez , explique l'un d'entre eux , votre pas extérieur est plus long que l'intérieur . Cet ajustement est rendu possible par l'intervention du moniteur , qui peut adapter la longueur de ses pas et donc celle de ceux du patient..>>

    Une antenne dans le ventre , des électrodes sur les nerfs.

    Emmanuel ressent une certaine appréhention : <<j'ai,tendance à me pencher en avant ppur retenir Marie-Pierre quand je sens qu'elle va perdre l'équilibre , explique-t-il , c'est la meilleure  manière de l'entrainer dans ma chute , puisque chacun de mes mouvements est reproduit instantanément . J'ai dû m'exercer pour réfréner ce mauvais réflexe . >>  

          Demi-pas par demi-pas , Marie-Pierre avance tout droit . Sa jambe gauche se déplie et amorce un virage à droite . Son autre jambe suit. L'assistance se réjouit , pendant que Marie-Pierre s'arrête , les traits légèrement tirés .  

        Le poids de son corps reposant sur ses mains, elle a mal aux paumes et aux muscles à force de serrer ses cannes pour se maintenir en position stable. Marcher avec la machine nécessite aussi une très grande concentration nerveuse: elle doit sans cesse regarder le sol car , ne sentant plus ses jambes , elle n'a pas d'autre moyen de savoir oùnet surtout quand elle pose ses pieds.  

          Après neuf mois d'hospitalisation à Propara , Marie-Pierre est rentrée chez elle , où elle donne des cours particuliers de mathématique . Désormais , elle s'exerce chaque jour à se tenir debout et à marcher avec ses deux cannes.  

        Avec son moteur principal de 400 watts , la machine à marcher n'a pas été conçue pour une utilisation domestique . Elle ne vise pas à l'autonomie du patient , mais constitue un exellent outil de réentrainement à la marche , déjà utilisé par deux équipes médicales au Japon .  

        Malheureusement , les tétraplégiques , dont les membres supérieurs sont atteints , ne peuvent l'utiliser , car la paralysie  rend difficile , voire impossible , la préhension des cannes . La machine à marcher représente , malgré toiut , un immense progrès : avant la seconde guerre mondiale , les paraplégiques , condamnés à l'immobilité , mourraient bien souvent d'escares et de plaies infectieuses .  

          Aujourd'hui , quatre ans après le premier déplacement de Marie-Pierre , la machine à marcher du  Pr Rabischong apparait comme une étape importante d'un projet encore plus ambitieux : <<l'aide à la locomotion par électro-stimulateur programmée >>. Pour tenter de coordonner les recherches au niveau international , le Pr Rabischong a créé le groupe LAO (locomotion assistée par ordinateur ) , qui s'inspire des travaux les plus récents en informatique .  

        Car si , dès le XVIIIe siècle , des savants découvraient que les muscles paralysés pouvaient être stimulés par des impulsions électriques , il a fallu attendre la révolution informatique pour que l'utilisation simultanée de plusieurs muscles par électro-stimulation soit expérimentée en médecine .  

    Dans la salle de Propara réservée à l'electro-stimulation , Pascal T., vingt et un ans , est assis , jambes et cuisses nues . Paralysé des jambes à la suite d'un accident de voiture , il vient chaque semaine au centre . Jean Woloszko , médecin et chercheur à L'INSERM , lui applique des electrodes sur la peau et tourne les boutons du stimulateur . La jambe de Pascal se soulève . Il réagit bien ; son nerf , bien que déconnecté du cerveau , est intact , et la stimulation électrique a permis la transmission de l'ordre au muscle concerné .

            Depuis l'été 1984, date de son accident , Pascal attend que soit mis au point le nouveau projet conçu par l'équipe du Pr Rubischong.  

    Deux opérations seront necessaires :

    implanter des électrodes directement sur les berfs de ses jambes ;

     introduire à l'intérieur de son ventre une antenne sur laquelle elles seront branchées . 

     Pascal n'aura plus qu'à porter sur lui un boîtier électronique , de la taille d'une calculette , pour pouvoir marcher seul . C'est la conception de ce boitier , dont la commande doit être aussi simple que maniable pour le patient , qui pose le plus de problèmes .  

            Le Pr Rubischong est en train de programmer un système extrêmement précis . La machine doit être capable , par exemple , de savoir quand le pied du patient est sur le sol . Pour lui donner cette information , il a fallu construire des mini capteurs.  

            Lors du dernier congrès internationnal organisé en avril 1984 par le Pr Rubischong , des équipes américaines et autrichiennes , qui ont déjà réalisé des implantations , s'étaient déplacées jusqu'à Montpellier . Les chercheurs de Cleveland et de Vienne ont dialogué avec l'équipe de Propara , qui a expliqué l'implantation qu'elle devrait réaliser courant 1986.  

            Les tests de stimulation ont permis de dresser un bilan très précis de la fonction musculaire de Pascal . Aujourd'hui , il est prêt à essayer la machine à marcher française de la deuxième génération . <<Donner de l'espoir est capital , explique Pierre Rabiscong , qui reçoit chaque jour de nombreuses lettres de handicapés . Mais l'espoir doit être fondé sur une réalité scientifique .Nous sommes maintenant persuadés que nous pouvons apporter une aide efficace aux paralysés .>>

     

         

     

     


    votre commentaire
  •                        

    Par ce condensé de lecture du Reader's Digest de 1986  je vous ferais découvrir  la machine à marcher du Pr Rabischong

            Dans le laboratoire de ce chercheur , à Montpellier , les derniers perfectionnements de la robotique sont mis au service des handicapés  

            Harnachée dans une combinaison bleue , Marie-Pierre Baskevitch , une jeune femme de trente-trois  ans paralysée des deux jambes , actionne son fauteuil roulant pour entrer dans la salle de rééducation du centre PROPARA de Montpellier . L'équipe de médecins et de kinésithérapeutes animée par le Pr Pierre Rabischong l'attend .Dans quelques minutes , la jeune femme va se lever et marcher .    

    Le professeur s'approche de la combinaison pneumatique portée par Marie-Pierre pour vérifier une dernière fois l'état des quatre   moteurs fixés sur les genoux et ses hanches . Puis il lui tend deux canes afin qu'elle se mette debout . Le sourire calme et l'allure déterminée de sa patiente le rassurent . Depuis que cette jeune femme , professeur de mathématiques et mère de trois enfants , est hospitalisée au centre à la suite d'une mauvaise chute , il a appris à la connaître . Marie-Pierre possède la qualité nécessaire à l'exploit qu'elle va accomplir aujourd'hui: le sang froid.

        Le fonctionnement de l'appareil est directement dérivé de la robotique : sur chaque genou  et hanche du paralysé est fixé un moteur hydraulique alimenté par une centrale et relié à un ordinateur , appelé calculateur , glissé dans la ceinture du kinésithérapeute . Celui-ci porte également , à la  hauteur des genoux et des hanches , des potentiomètres qui mesurent le degré de flexion de chaque articulation . Ainsi tous les mouvements qu'il exécute sont calculés par l'ordinateur , et reproduits immédiatement chez le patient .

    Un mois après ses premiers pas , Marie-Pierre va apprendre à tourner.

    Tout est prêt .Dans le fond de la pièce , la machine , une centrale hydraulique de 1,80 m sur 1,20 m est branchée .  Emmanuel Rabischong , fils du professeur et kinésithérapeute , a revêtu lui aussi une combinaison bleue sur laquelle sont fixés , aux articulations des hanches et des genoux , quatre potentiomètres . Le mini-ordinateur glissé dans sa ceinture le relie directement à Marie-Pierre . Ils sont placés côte à côte, comme au départ d'une course.

     - Prête ? lui demande t-il .

    - O.K .! répond Marie-Pierre , qui s'appuie bien fort sur ses deux cannes pour ne pas perdre l'équilibre et basculer en avant.

    A côté d'elle , deux autres kinésithérapeutes sont près à intervenir pour la rattraper . Les membres de l'équipes du Pr Rabischong et les médecins étrangers venus visiter ce centre pilote ouvert depuis trois mois retiennent leur souffle .

    Emmanuel soulève sa jambe droite , la déplie lentement et la pose en avant . Marie-Pierre tremble sur ses bras et suit . Je n'ai jamais accompli aussi parfaitement un mouvement de gymnastique , pense t-elle . Je doit m'appliquer , ils me regarde tous .

    Son genou droit se replie et sa jambe , mue par le moteur fixé sur sa jambe droite , se propulse en avant . Les yeux fixés au sol , le visage concentré , elle avance demi-pas par demi-pas . Sa progression est lente , car associée à sa paralysie , l'anesthésie de ses membres inférieurs la prive de toute information quant à la position de ses jambes dans l'espace et quant au contact de ses pieds avec le sol.

    Quand elle arrive au fond de la salle , le Pr Rabischong se précipite vers elle pour la féliciter .

    <<je n'ai jamais eu aussi chaud ! >> s'exclame Marie-Pierre , sous l'oeil ravi de toute l'équipe , pour qui ces quinze pas sont la consécration de six années de recherche .

    <<En décomposant les mouvements successifs de la marche , nous nous sommes rapidement aperçus que nous avions affaire à un geste semi-automatique , commente le Pr Rabischong . Quand vous vous promenez dans la rue , vous ne vous posez pas de questions pour savoir quels muscles vous propulsent en avant . Vous déclenchez la "séquence de marche" et vous vous contentez de la piloter pour la direction et la vitesse . Vous n'intervenez pas activement dans la mécanique du système . Ce constat d'automatisme de la marche est  le point de départ de nos recherches .>> Depuis la première marche de Marie-Pierre , en octobre 1982, douze paraplégiques ont utilisé avec succès la machine du professeur . 

     

    La Cinquantaine active , Pierre Rabischong , qui court sans cesse entre sa chaire de professeur à la faculté de médecine , son unité de recherches biomécaniques et le centre clinique de Propara , est l'homme d'une passion ; la robotique appliquée à la médecine . A partir de ses études sur les articulations et la préhension des objets par les membres supérieurs , il en vient dans les années 60 , à comparer les robots et les hommes . A l'époque , les grandes industries qui fabriquent des marchandises à la chaîne commencent à utiliser des manipulateurs programmables , capables de remplacer les hommes pour les tâches répétitives et dangereuses. Calqués sur le modèle humain , ces manipulateurs sont loin d'être aussi performant que des membres . Mais ils ont à résoudre Imaginatif et doté d'un solide sens pratique , le Pr Rabischong comprend immédiatement l'influence que cette révolution industrielle peut avoir sur la clinique des paralysés .,Il obtient en 1971 , l'aval du ministre de la recherche et de l'INSERM (institut national de la santé et de la recherche médicale) pour créer une unité de biomécanique , ou il réalise bientôt une prothèse électronique de la main afin de venir en aide aux amputés . Un an après , il fonde , avec ses collègues de la faculté , l'association Propara  (pour la paraplégie ). Ce groupe pluridisciplinaire , qui réunit deux neurochirurgiens , un biologiste , un urologue et deux chirurgiens orthopédiques et plastiques , se donne deux objectifs : promouvoir la recherche de nouvelles méthodes de traitement des paralysies , et ouvrir un centre clinique pour appliquer les résultats de ses découvertes.

            En 1974 , à l'occasion d'un voyage d'études en Yougoslavie, Pierre Rubischong rencontre les Drs Tomovic et Vukobratovic.  

    Ces deux chercheurs ont conçu , dans leur laboratoire de Belgrade , une <<machine à marcher>>. Telle quelle , la machine ,très lourde et fort complexe , est inutilisable pour faire marcher les paralysés . Mais l'idée est née : le professeur de Montpellier s'enthousiasme pour cette engin qui permettra un jour aux handicapés de se libérer en partie de leur fauteuil roulant . Il décide de le simplifier et remue ciel et terre pour que son projet voie le jour . Très vite il obtient l'aide de l'Ecole supérieure d'aéronautique 'suparéo) pour réaliser un premier prototype .

            Le Pr Rubischong et les chercheurs de L'INSERM se rendent rapidement compte qu'un minimum de quatre moteurs (deux pour les hanches , deux pour les genoux ) est indismensable ppur reproduire artificiellement ce qu'un homme accomplit spontanément : se lever, s'asseoir, marcher en terrain horizontal , monter un escalier. <<Car, expliqe le professeur , la mobilité des hanches est essentielle et c'est l'artculation du genou qui contrôle la longueur du membre inférieur.>>  

            En 1977, la première machine à marcher (47 kg ) , composée d'une centrale reliée pardes câbles aux quatres moteurs électriques fixés sur les articulations du patient voit le jour . Un paraplégique de vingt et un ans l'essaie . Après avoir accompli une dizaine de pas et gravi quelques marches , il,est épuisé: la machine est encore trop lourde . Le prototype doit être amélioré. les mêmes problèmes que le bras et la main qui saisissent les objets .

     

     


    votre commentaire
  •                        

    Une révolution médicale :

      Le 27 novembre 2005 , l'équipe du Pr Devauchelle réalise au CHU d' Amiens la première greffe partielle de visage sur Isabelle Dinoire , 38 ans , dont la figure a été mutillé par un chien .

            En janvier 2007 , l'équipe du Pr Lantieri du CHU Henri Mondor à Créteil réussit une greffe quasi totale de visage sur Pascal, 35 ans , qui souffre d'une maladie génétique le déformant .

            Aujourd'hui , tous deux peuvent se regarder dans un miroir .

            La reconstitution des gueules cassées de la grande guerre :  

      <<Quand on voit les visages de ces hommes , on se demande comment ils vivaient encore . Ils avaient des morceaux de visage arrachés . L'objectif , c'était de leur reconstruire une architecture faciale qui permettait ensuite de fixer de la peau .

    Les chirurgiens avaient un matériel humain volontaire et des possibilités de recherche et d'adaptation extraordinaires .

    Après quelques opérations , le visage reprenait forme , c'était incroyable ! Cela permettait aux soldats de retourner dans leur famille . Après le côté fonctionnel était beaucoup plus difficile à obtenir .>> 

    Harry Buncke , le père de la microchirurgie :

      << Toute l'histoire de la médecine a été marquée par des génies un peu givrés .

    Prenez le cas d' Harry Buncke , un chirurgien plasticien qui vivait à San Francisco dans les années 1950 .
    Dans la journée , il opérait , et le soir , chez lui, il coupait les oreilles d'un lapin pour les greffer ensuite . Problème : aucun instrument n'était assez petit poursuturer un vaisseau d'un millimètre de diamètre , et les oreilles du lapin , sans irrigation sanguine mourraient . L'idée vint alors de prendre un fil de soie de coton et d'en métaliser le bout .

    En 1964, le grand jour arriva enfin : l'oreille du lapin , bien irriguée, resta vivante ! C'était le début de la microchirurgie .Un pas de géant .

    Un peu plus tard , Buncke a suturé , sous microscope , les vaisseaux sanguins d'une langue humaine coupée en deux . Cela a permis plus tard , de greffer des doigts et des bras ...>>    

    La greffe de visage , un tabou dépassé :

     <<On a longtemps pensé que le fait de greffer la peau d'un visage différent lui donnerait le visage de l'autre et que , dans la rue , une personne ayant connu le donneur risquait d'avoir un choc .

    Or , toutes les équipes ont très vite pu costater que la peau s'adaptait au massif facial du receveur .

    Pascal et Isabelle ont retrouvé les expressions qu'ils avaient auparavant . Et la peau du receveur va probablement vieillir en partie comme la peau du donneur et en partie comme sa propre peau aurait dû vieillir .    

    Un visage, une vie :

    Lors de l'émission de télévision du Lundi 16 janvier sur FR3 , vous avez eu l'occasion rarissime d'assister  étape par étape , à la recostitution d'un nez , celui de didier dans le bloc opératoire avec le Pr Lantieri .

            Il s'agit d'une autogreffe , donc pas de risque de rejet : on se sert d'un morceau de la crête iliaque du patient (os du basin) pour reconstruire l'arête du nez , des cartilages des oreilles pour ouvrir les narines et d'un lambeau de peau du front irrigué par une artère que l'on ne coupera qu'au bout de quelques semaines (voir ci-dessous ; un peu d'histoire )  

    Dix mois plus tard , commence une nouvelle vie avec u nouveau nez pour didier , qui peut vivre normalement , prendre des douches , se baigner dans la méditérannée , et ce sans avoir à affronter le regard des autres .    

    Un peu d'histoire :

    Au XVIe siécle , la freffe à l'Italienne

    Gaspard Tagliacozzi, génial chirurgien , eut l'idée de fabriquer un nez Chez un malheureux jeune homme mutilé lors d'un duel . Il découpa , sans le détacher , un lambeau de peau irrigué par une artère à l'intérieur du bras et ramena le bras du jeune homme vers son visage pour suturer ce lambeau de peau sur le nez .

    Pendant 3 semaines , le patient devait garder cette position inconfortable . Passé ce délai , le chirurgien détachait le lambeau du bras et fabriquait un nez imparfait , certes , mais un nez .

      greffe de nez à l'italienne

         


    votre commentaire
  •                        

            Obnubilée par sa minceur Sissi est une anorexique esclave d'une idée fixe , la préservation de la jeunesse  

            Par une tiède soirée du printemps 1864 , en son splendide palais impérial de la Hof burg , à Vienne ; S.M François-Joseph 1er << par la grâce de dieu empereur d'Autriche , roi de Hongrie et de Bohême >>, offre un grand diner . Pour sa part , l'empereur a belle prestance , certes: à 34 ans , ce blond aux yeux bleus et au visage d'une grande douceur affecte un maintien altier dans son uniforme clair de général autrichien . Mais ses invités et toute la cour n'ont d'yeux que pour sa femme l'impératrice Elisabeth , dont les vingt-sept printemps resplendissent sous la lumières des flambeaux , les reflets des plats d'argent , l'éclat des porcelaines de Saxe et des cristalleries de Bohême .  

            Séduit par le charme de l'impératrice hôtesse , l'ambassadeur américain à Vienne écrit à sa mère :<< Elisabeth  est une merveille de beauté ; grande et mince , magnifiquement modelée avec une abondante chevelure châtain , un front bas à la grecque , des  yeux doux , des lèvres très rouges qui sourient de façon exquise, une voix suave et harmonieuse , des manières tout à la fois timides et gracieuses ...>>  

            C'est aussi l'impression de Victoria , princesse héritière du royaume de Prusse ,  qui ajoute à cette observation , typiquement féminine : << Elle semble corsetée de façon terriblement serrée , ce qui n'est surement pas nécessaire , vu sa magnifique silhouette ...>> En quelques mots , la princesse de Prusse a percé le secret d'Elisabeth ; celui d'une femme obsédée par son image corporelle , qu'elle voudra maintenir parfaitement pendant toute sa vie , enfermée dans un narcissisme à la limite de la maladie mentale qui la fait esclave de sa propre beauté , fétichiste d'un corps dont elle veut conserver la silhouette idéale au prix d'une privation volontaire de nourriture et d'exercices physiques quotidiens . En un mot , une anorexique esclave d'une idée fixe - la préservation de sa jeunesse .    

    A l'impératrice d'Autriche peut s'appliquer cet air célèbre

    Dis-moi que je suis belle

    Et que je serais belle

    Eternellement

    Mais pourquoi ?

     

    sissi-1-

            En fait rien ne laissait prévoir cette évolution , préfigurer ce destin .  Elisabeth de Wittelbach , apparentée à la famille royale de Bavière , est née le jour de noël 1837 dans le petit village de Possenhofen ; troisième de huit enfants , elle a vécu toute sa jeunesse comme une petite sauvageonne , nageant dans les eaux du lac de stanberg , au pied de son village , pêchant avec les jeunes paysants des environs , montant à cheval quand il lui plaît , escaladant les collines boisées alentour .

            A 15 ans , Sissi - ce diminutif lui a été donné par sa famille et ses compagnons de jeux - mesure 1,72 m , a une taille de guêpe (60 cm) et pèse 49 kg . Ses longs cheveux   descendent jusqu'à ses chevilles ... C'est pendant l'hiver 1852-1853 qu'elle vit son premier drame , un amour tragiquement interrompu : elle est éperdument éprise du conte Richard S ..., un ami de son père . Passion partagée , semble-t-il , mais brève durée -Richard meurt très jeune , frappé par un mal incurable . Sissi plonge dans une << mélancolie aiguë >>, pleure solitairement pendant des heures ou fait des vers en souvenir de Richard . C'est là un trait constant de sa personnalité : elle écrit quand elle est malheureuse . En fait , elle écrit des milliers de vers , miraculeusement conservés...  

            Les mois passent . Et , le 18 août 1853, le jeune empereur François-Joseph -il a 23 ans -demande la main d'Elisabeth . Elle n'a pas encore 16 ans ! Chez François c'est le coup de foudre , violent , intense, immédiat : Il  ne l'a rencontrée que la veille , le 17 ! Il  l'aimera jusqu'à sa mort ... Et Sissi ? << comment pourrais-je ne pas l'aimer , dit-elle à sa mère ... Si seulement il n'était pas empereur ! >>  Notons cette réserve , car elle est l'une des clés du << mystère Sissi >> : jamais elle ne se fera à la vie de la cour réglée par un immuable cérémonial . Jamais elle ne supportera le somptueux palais de la hofburg -où il n'y a même pas de cabinets chacun disposant de sa chaise percée ! - , et ses habitants , en particulier la mère de François , l'archiduchesse Sophie , qui prétend régenter sa bru et , plus tard , les enfants du couple .   

            Le mariage est célébré en grande pompe le 24 avril 1854 à Vienne . Dès les débuts de sa vie << impériale >> à Vienne , Sissi présente des symptômes inquiétants : elle est sujette à de violentes quintes de toux et à des crises d'angoisse . Le docteur Seeburger , médecin de la cour , prescrit alors des remèdes anodins ... Qui n'opèrent pas grand-chose . Il ne peut pas deviner -sa patiente ne lui fait aucune confidence -que ces divers maux participent de sa peine personnelle : elle se sent mal à la cour ! Mais Seeburger , comme ses confrères de l'époque , ignore les explications psychosomatiques !  

            En juin de la même année , toujours accompagnés de Seeburger , François et Sissi font un voyage en Bohême  au cours duquel l'impératrice fait vraiment l'apprentissage de son métier . En plus de ces usages anachroniques de la cour auxquels il lui faut se plier , elle subit la dictature de sa belle-mère : tantôt celle-ci lui supprime ses ...perroquets -Sissi a un couple de ces oiseaux qu'elle affectionne - parce que non conformes à l'étiquette impériale , tantôt elle impose ses vues dans les soins à donner au premier enfant d'Elisabeth ,, né le 8 mars 1855 , qu'elle sépare pratiquement de sa mère .   

            En 1856, puis en 1858, Sissi donne le jour à sa seconde fille Gisèle , puis à son fils Rodolphe , l'accouchement de celui-ci ayant particulièrement difficile . Elle tombe malade : à son chevet accourt le docteur Fischer , médecin de sa famille , qui constate l'existence de fièvres fréquentes , d'un état de faiblesse général et d'un manque d'appétit . C'est à partir de l'année 1860 qu'elle acccuse un état pathologique quasi permanent où apparaît l'obnubilation de sa minceur .   

    Diètes incessantes , régimes draconiens ...L'impératrice est en état de dénutrition permanent

          La jeune femme s'astreint à un mode de vie véritablement draconien . Levée à 5 h (en été) ou à 6 h (en hiver) , elle prend un bain froid , subit un massage , fait 1 h de gymnastique (elle installera même un gymnase dans une de ses résidences !) avant de prendre un petit déjeuner frugal . Puis Sissi passe près de trois heures à ... s'habiller ! Elle commence par des soins de beauté : elle a dormi avec un masque de viande de veau sur le visage , parfois remplacé par des fraises . Il lui arrive de prendre ensuite un bain tiède dans de l'huile d'olive et , quotidiennement , elle se lave les cheveux avec un mélange de jaunes d'œufs et de cognac ! Elle porte des corsets très serrés , on le sait , et fait parfois coudre ses robes à la taille , afin de paraîtrre plus mince dans les réceptions officielles .  

            Mais très vite elle va délaisser celle-ci pour un emploi du temps où l'exercice physique tient la plus grande place : après avoir absorbé un jus de viande qui lui tient lieu de petit déjeuner , elle se livre à de véritables marches forcées dans la campagne ou à d'interminables randonnées à cheval , menées au grand galop !  

            Dés 1860, un troisième médecin le Docteur Skoda , s'inquiète de son état : ses diètes incessantes (toujours la ligne) l'ont rendu squelettique , la toux est devenue chronique ; elle présente  une chlorose (le teint est verdâtre ) , signe d'anémie généralisée . Skoda prescrit une cure à Madère , dont le climat , plus chaud que celui de Vienne , permettra à l'impératrice de récupérer . Elle y retrouve une apparence de santé : Il est vrai qu'elle n'a que 23 ans . Et Skoda remarque qu'elle va mal ... dès qu'elle est à Vienne avec son mari  et mieux quand elle en est séparée et ...ailleurs !  

            En juin 1861 , il porte le diagnostic de <<phtisie galopante >>, mot alors utilisé pour désigner la tuberculose pulmonaire . Sissi risque d'en mourrir ... Mais sa constitution , endurcie par les sports qu'elle pratique , prendra le dessus . Un séjour à Corfou , où elle fera plus tard construire une maison , la remet sur pied . Dès lors , elle ne cessera plus de voyager , impératrice errante qui ne revient à la cour de Vienne que de temps à autre , pour assister à de nombreuses cérémonies et à des banquets officiels , où sa beauté fait merveille . Pour un peu , on dirait que son mari l'expose comme un <<top-model>> , dont elle a la minceur , ou comme l'une des plus séduisantes souveraines d'Europe , faisant d'elle le plus bel ornement de sa <<vitrine monarchique >>.   

            Sissi ne connait qu'une rivale , Eugénie la femme de Napoléon III , à laquelle elle osa un jour se comparer au sens exact du terme .  C' est ce que nous rapporte le comte Welzeck , qui surprend , par inadvertance , les deux femmes dans le cabinet de toilette de l'impératrice des français : Tournant le dos à la porte derrière laquelle je me trouvais , les deux impératrices étaient occupées à mesurer avec des métres  rubans les plus beaux mollets que l'on pût sans doute alors trouver en Europe . C'était un spectacle indescriptible que je n'oublierai jamais !>>.  

            Pendant des années , sous des identités d'emprunt (la plus utilisée est <<comtesse de Hohenembs>>), Sissi parcourt l'Europe , de Paris à Florence , de Cannes à Gibraltar, de San Remo à Corfou , ou sillonne la méditérannée à bord de son yacht , le <<Chazalie>>. Connut-elle des aventures ?  

    Avec son maître d'équitation britanique Bay Middleton , par exemple , qui l'entraînait dans de sportives et dangereuses chasses à courre en Angleterre ?

      Cela paraît peu vraissemblable , parce que Sissi , très tôt , n'a pas paru sensible aux charmes divers des étreintes charnelles . Elle avouera elle-même dans l'un de ses cahiers : << Le mariage est une institution absurde . On n'est encore qu'une enfant de 15 ans et l'on se voit cédée à autrui , on s'engage par un serment que l'on ne comprend pas , mais qu'on regrettera ensuite pendant trente ans ou davantage , sans pouvoir le délier ...>>

            Pendant trente ans - c'est , à peu près la durée de sa vie de voyageuse - , elle proménera sa solitude désenchantée , uniquement habitée par la hantise de rester la plus belle ! Hélas , sa beauté s'atténue au fil des ans . Si l'affection pulmonaire s'est stabilisée , la chlorose demeure , à quoi s'est ajoutée une douloureuse enflure des pieds qui l'oblige à demander  l'aide  de deux personnes pour pouvoir marcher .  

            Le vieux docteur Fischer qualifie ces phénomènes d'oedèmes de dénutrition - une dénutrition qui se manifeste par la perte successive de ses dents : elle fera de Sissi une édentée totale à l'âge de 40 ans . Elle dissimule cette absence dentaire en parlant constamment derrière un éventail , alors que , jusqu'à 50 ans , elle n'aura aucun fil blanc dans son abondante chevelure ! Mais Sissi fait tout pour conserver sa taille de guêpe : dans les années 1870 , elle ne porte plus de sous-vêtements et se contente de bas de daim ultrafin , pour amincir sa silhouette ! Elle prend même des bains de mer ... en caleçon collant , indécence intolérable pour l'époque .  

            Et François-Joseph dans tout cela ? Désespéré par les absences de sa femme , il lui écit de brèves missives où transparaît sa souffrance : <<Quand tu viendras , sois gentille avec moi , car je suis bien triste et seul , et j'ai besoin d'un peu de réconfort .>> , <<Mon trésor , tu me manques beaucoup ...Cette année , depuis le printemps , nous n'avons été ensemble que quelques jours ... Ton petit homme solitaire ...>>. Mais jamais elle n'a fait à son mari cette confidence terrible que sa fille préférée , Marie-Valérie , qu'elle entoure d'un amour quasi hystérique , a receuillie : <<je hais plus que jamais les humains en général et les hommes en particulier ...>>  

            Dans les dernières années de sa vie ,,on murmure que Sissi est << folle  >> ... <<Je sais qu'on me prend pour une folle >>, dira-t-elle un jour à son amie l'impératrice Eugénie . Eugénie , plus indulgente , concède que << l'esprit de Sissi semblait résider dans un autre monde >>.  

            Réduite à la fin de sa vie , à <<l'état de momie>> -le mot est d'elle - , la peau tannée par le soleil , rançon de ses interminables randonnées à cheval , elle conserve encore et toujours quelque coquetterie , dont témoigne ce geste furtif surpris par une de ses amies , alors que l'impératrice déjeune dans une petite auberge autrichienne : <<Elisabeth regarda quelques secondes devant elle , puis saisit son dentier de sa main gauche , l'ôta , le posa sur le bord de la table et le rinça avec un verre d'eau . Elle le remit ensuite dans sa bouche . Elle avait fait tout cela avec beaucoup de grâce nonchalante et surtout si rapidement que je ne pus en croire mes yeux. >>  

            Le 11 septembre 1898 , au cours d'un séjour à Genève , Sissi est assassinée par un anarchiste italien de 25 ans , Luigi Lucheni , ,qui lui perce le coeur avec un tiers-point : ainsi finit , à un peu plus de 60 ans , l'impératrice d'Autriche . Et si , pour nous, son image reste inséparable de la fascinante interprétation qu'en donna à l'écran Romy Schneider , disons que cette Sissi de fiction ne rendait qu'imparfaitement compte de la réalité , cette réalité que nous avons tenté d'esquiver , et qui se résume au rêve insensé d'une femme malade , qui croyait que sa beauté pouvait constituer son unique raison de vivre . (source : top santé mai 1996)

    assassinat de Sissi

         

         


    votre commentaire
  •                        

    Henri neslte

     Henri Nestlé : 1814 -1890

            Il révolutionne l'alimentation des bébés ...   et le quotidien de leurs mamans !  

            Né à Franckfort-sur-le-main en 1814 . Henri Nestlé est le 11 éme d'une famille de 14 enfants dont 7 sont morts jeunes .  

    Si la mortalité infantile est , au XIXéme siècle , très élévée , elle ne laisse pas le jeune Henri Nestlé indifférent , qui s'en souviendra quelques années plus tard .

            Nestlé, en allemand , signifie "petit nid" . Cette image du nid est présente sur les armoiries de la famille Nestlé mais aussi sur l'emblème choisi pour représenter la marque : un nid avec une maman oiseau qui donne la becquée à ses petits .    

    Il crée la farine lactée :

    Apprenti chimiste pharmacien , il arrive seul , à l'âge de 15 ans en suisse

    En 1839 il obtient son diplôme de pharmacien

    il ouvre ensuite un laboratoire de chimie d'où sort la fameuse "farine lactée Nestlé " , une farine pour nourisson à base de lait de vache et de pain grillé .      

    Une innovation récompensée :

    Sa farine est alors reconnue par les médecins pour ses qualités et reçoit une médaille d'or à l'exposition intertnationnale de Paris en 1878.

    Elle sera vendu ensuite dans le monde entier

    En 1875 , Henri Nestlé part à la retraite et vend son entreprise , qui continuera à grandir sans lui au fil des années .      

    Le début d'une nouvelle aventure gourmande !

    En 1904, Nestlé s'associe à deux grands chocolatiers suisses . Peter et Kohler ,puis les rachète en 1929

    Nestlé devient alors un fabricant de chocolat à part entière .

    La marque ne cesse d'innover pour vous proposer roujours plus de gourmandises :

     Chocolat au lait en tablette dans les années 30

     Chocolat qui croustille CRUNCH dans les années 60

     Chocolat nestlé dessert pour la patisserie dans les années 70

     Chocolat noir de dégustation en 1985

    Aujourd'hui Nestlé n'a de cesse de mettre son expertise chocolat au service de votre plaisir !

            L'histoire continue ...  

     Aujourd'hui Nestlé entend toujours concillier nutrition et plaisir au travers de ses marques pour répondre aux goûts et aux envies de toute la famille : Maggi , Mousline , Herta , Nescafé , Nesquik , Ricoré , Nestlé dessert , les céréales Nestlé , La Laitière , Vittel , Perrier ,....

    Dans l'exagone , Nestlé compte 16 000 collaborateurs et 31 usines , lesquelles se situent le plus souvent dans des zones rurales .


    votre commentaire
  •                        

    Julius-Maggi-

    Julius Maggi -1846 - 1912

     L'inventeur de vos armes secrètes  en cuisine

            En 1885 , l'innovation est déjà au coeur de l'inspiration de Julius Maggi , qui crée la soupe instantannée afin de proposer aux ouvriers un plat nourrissant , rapide à préparer et peu onéreux .  

            La société Maggi naît en 1886 et n'aura de cesse de se développer en proposant des produits d'aide à la cuisine  comme :  

     L'arome saveur Maggi pour assaisonner les bouillons en 1887

      Le bouillon KUB en 1908

     La purée mousline en 1963

     Les papillotes en 2010.

            MAGGI a rejoint le groupe Nestlé en 1947  

            Du temps de gagné grâce aux soupes instantannées :  

    1885 . De plus en plus de mamans travaillent dans les usines .

    Elles ont moins de temps pour préparer des plats pour toute leur famille .

    Julius Maggi trouve la solution en inventant les soupes en sachets prêtes à cuire , qui permettent de préparer rapidement des soupes savoureuses et pas chères .    

    Toutes des cuisinières hors pair grâce à des aides culinaires :

    1887 . Julius Maggi innove avec l'arome saveur MAGGi , sa recette secrète pour "assaisonner bouillons et potages " . un vrai succès .

    Il invente ensuite les bouillons concentrés en cubes , qui permettent toujours aux mamans d'aujourd'hui de sublimer leurs petits plats .

            Fini la corvée de patates grâce à la purée de pomme de terre en flocons:  

    1963. Après la disparition de Julius Maggi en 1912 , ses successeurs prennent la relève .

    Début des années 60 , les mamans rêvent de gagner du temps et de se libérer de certaines corvées , comme l'épluchage des patates .

    Maggi lance alors la purée de pommes de terre en flocons : la purée mousline .

    C'est la révolution , en un coup de fouet , voilà une purée savoureuse et onctueuse .

            Une toute nouvelle façon de cuisiner avec les papillotes :  

    2010 . Les femmes cherchent à faire plaisir à leur famille tout en travaillant .

    Elles sont à la recherche des solutions pratiques pour régaler leurs proches et se faciliter la cuisine au quotidien .

    Maggi invente les papillotes : une nouvelle façon de cuisiner pour obtenir en un tour de main une viande ou un poisson tendre et savoureux sans ajout de matières grasses pour cuisson .

    Et le four reste propre !


    votre commentaire
  •         Autorité . Compétence.  Simplicité .  Alliées à un charme naturel indéniable , ont fait de Simone Veil  .

    la figure la plus populaire du gouvernement                

         

    Madame le Ministre de la Santé

          Bergen-Belsen , le 7 mai 1945 . Voici deux jours que les détenus du camp de la mort ont rassemblé ce qui leur restait de force pour faire un accueil enthousiaste à leurs libérateurs .

    Maintenant , un officier britannique engage la conversation avec une déportée

    << avez -vous des enfants ? >> lui demande t'il

    << heu ...Quel âge me donnez-vous >> questionne à son tour le petit squelette qui flotte dans son uniforme rayé .

    L'officier réfléchit :

    << quarante ans ?>>

    La déportée Simone Jacob n'en avait que dix-huit.

            A quarante-neuf ans , Simone Jacob , devenue Mme Veil , en paraît dix de moins .  

    Ministre de la santé publique depuis mai 1974 - et première femme au gouvernement depuis Germaine Poinso- Chapuis en 1948 - , c'est à elle qu'est revenue la tâche redoutable de défendre devant l'assemblée nationale le dossier de l'avortement qui divisait le pays depuis des mois . Elle s'en acquitta avec une telle autorité que l'un de ses adversaires s'écria :

    << Simone Veil est le seul homme du gouvernement >>

    Voilà , rétorqua le nouveau ministre , une remarque typiquement misogyne .

    Simone Veil a rapidement conquis les français . Inconnue auparavant , elle obtenait , moins d'un an plus tard , 55% d'opinions favorables dans un sondage de popularité , dépassant ainsi toutes les vedettes de la vie politique .

            Certes , son charme personnel , son visage régulier aux grands yeux verts , son élégance discrète et son pas décidé lorsque les caméras la surprennent traversant la cour de l'Elisée ont compté pour beaucoup dans cette cote d'amour .  

    Simone Veil plaît naturellement aux hommes et les femmes s'identifient à elle : madame le ministre est mère de trois garçons , grand-mère d'une petite fille et s'occupe elle-même de sa maison . 

        Mais il y a en elle autre chose , d'assez indéfinissable , que j'ai perçu dès que je l'ai rencontrée dans son vaste bureau du bâtiment qui abrite , avenue de Ségur , les 2500 fonctionnaires de son ministère . Peut-être est - ce cette sereine détermination émanant de ceux qui , un jour, ont touché le fond de la détresse humaine et s'en sont relevés .  

            Quand je lui demande comment elle explique sa brusque popularité n d'une voix posée , elle me répond  

    << Mon seul secret , c'est le goût de la vie , l'attrait des choses fondamentales >> .

            Elle eut une enfance heureuse . Son père , l'architecte André Jacob , second prix de Rome , avait ouvert son cabinet à Nice .  

            Au lycée , les professeurs de Simone notent son caractère volontaire , voire indiscipliné. On la juge vive , intelligente et rebelle . Aux éclaireuses de France , on la totémise << lièvre agité >>   

            Et c'est la guerre . En 1940 , les Jacob se sont déclarés juifs comme l'exigeaient les autorités . Ils ne sont pas pratiquants et pensent d'abord à une simple formalité . Mais en 1942 les allemands déferlent sur la zone libre . Selon Adolf Eichmann , 100 000 juifs français doivent être déportés. Les Jacob se dispersent , dorment chez des amis et changent souvent de domicile .  

            En mars 1944, le lendemain de son baccalauréat , Simone est arrêtée dans la rue par la gestapo .Avec sa mère et sa sœur Milou , elle est envoyée à Auschwitz ; sa sœur Denise , alors dans la résistance , sera arrêtée plus tard et envoyée à Ravensbrück . D'André Jacob et de son fils Jean arrêtés eux aussi ,on ne retrouvera jamais la trace .  

            A Auschwitz, les plus faibles , enfants compris , sont immédiatement dirigés vers les chambres à gaz . On affecte Simone , le bras tatoué du n° 78651, à des travaux de terrassement sur la route de Cracovie . Sur ces treize mois de <<nuit et brouillard >> , Simone Veil , aujourd'hui encore , préfère garder le silence .  

            une boulimie de vie . Après sa libération et un mois de convalescence en suisse , Simone est de retour en France . Ni sa mère , ni son père , ni son frère Jean ne reviendront . Dérisoire consolation : Simone apprend qu'elle a été reçue aux épreuves du baccalauréat présenté la veille de son arrestation . Puisque le sort en a décidé ainsi , elle s'inscrit à la faculté de droit et à l'école des sciences politiques . C'est là qu'elle rencontre Antoine Veil . En octobre 1946 , ils se marient , et, un an plus tard , Jean , leur premier enfant vient au monde . L'année suivante naît un second fils , Claude-Nicolas .  

            C'est une véritable boulimie de vie . Dans la journée , Simone potasse ses cours en berçant ses enfants . Le soir , les jeunes époux  (ils 'ont a eux deux que trente-neuf ans ! ) vont au restaurant , au cinéma  et dans ces boîtes devenues fameuses , où se retrouvent ceux que l'on appelait abusivement les <<existentialistes >> . En juin 1948, Simone passe brillamment ses diplômes .  

            Antoine , au sortir de l'école des sciences politiques , est envoyé à Wiesbaden , puis à Stuttgart . Sa famille l'accompagne . Puis il entre à l'école nationale d 'administration et devient inspecteur des finances . Entre-temps , ils ont eu un troisième fils Pierre-François . Simone se sent un peu à l'étroit dans ses taches de femme de haut fonctionnaire . Elle s'en acquitte avec bonne grâce , mais rêve de devenir avocate .on mari l'en dissuadera en prétendant qu'une avocate est << trop  indépendante >>. Simone choisit alors la magistrature .  

            Reçue cinquième au concours de la magistrature en 1956 , Simone entre à la chancellerie . Elle est affectée à la condition pénitenciére . Elle ne tarde pas à s'y faire une réputation d'efficacité , de conscience et d'ouverture aux incidences humaines de chaque décision . Le moindre doute est toujours résolu à l'avantage du détenu . On voit souvent Simone Veil dans les prisons et, pour certains , elle incarne la << nouvelle vague >> , elle passe aux Affaires civiles , et se spécialise dans les problèmes de l'adoption .  

            Lorsque René Pleven accède au ministère de la justice en 1969, il remarque ses qualités et en fait sa conseillère technique . Elle l'accompagne à l'Assemblée nationale , observe , apprend , se fait connaître par la justesse de ses vues et la vivacité de ses reparties .Un an plus tard , Georges Pompidou la nomme secrétaire général du conseil supérieur de la magistrature .Et puis , en mai 1974 , Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac la choisissent parmi une quinzaine de <<ministrables>> , tous rompus à l'exercice du pouvoir , pour assurer les fonctions de ministre de la santé .  Consciencieuse à l'excès . Aujourd'hui , Simone Veil n'a rien perdu de son extraordinaire simplicité ni de sa disponibilité . Tous les membres de son cabinet (neuf hommes et quatre femmes ) peuvent pousser sa porte à tout moment . Son aptitude à assimiler les dossiers les plus ardus est devenue proverbiale , et elle ne prend une décision que quand elle est certaine d(avoir réuni tous les éléments . Pour Jacques Chirac , le seul défaut de son ministre de la santé serais d'être parfois <<consciencieuse à l'excès>>  . En fait , cette femme qui d'ordinaire se contrôle si bien est aussi capable de grandes colères . On se souvient , au ministère , de sa fureur lorsqu'elle apprit que , contrairement à la politique fixée , qui était d'intégrer les départements mentaux dans l'hôpital général , on continuait à construire des hôpitaux psychiatriques.

            Elle a parfois du mal à cacher sa profonde émotivité . En juin 1974 , lors de sa première conférence de presse , elle fut d'abord incapable d'articuler un seul mot . Un verre d'eau sauva la situation .  

            On remarqua aussi  , ce jour-là , qu'elle fumait beaucoup . Une photo la représentant une cigarette à la main fut même publiée dans la presse , alors qu'elle était en pleine préparation d'une grande campagne anti-tabac . Elle reçut de nombreuses lettres qui lui faisaient remarquer qu'un ministre de la santé se doit de montrer l'exemple . Furieuse contre elle-même , elle se jura de ne plus jamais fumer en public . Pendant les quatre-vingt-dix minutes que dura notre entretien, elle n'a , en effet , pas touché une seule cigarette .  

            Mais c'est la manière dont  elle défend le fameux projet de loi sur l'interruption volontaire de la grossesse , que les Français  découvrent sa personnalité hors du commun . Le président Valéry Giscard d'Estaing lui a confié le dossier au lendemain même de son arrivée avenue de Ségur . Lourde responsabilité à laquelle Simone Veil s'attelle avec la ferme intention de mettre une fois pour toutes , fin au scandale de l'avortement clandestin : 350 000 à 800 000 <<interventions >> se pratiquent chaque année en France , généralement dans des conditions d'hygiène lamentables .  

            Le débat , véritable marathon parlementaire , durera plus de vingt-cinq heure . Simone Veil défend pied à pied son texte . Si elle rend hommage à ses adversaires qu'agitent de douloureux problèmes de conscience , c'est aussitôt pour leur rappeler que << le courage consiste parfois à ouvrir les yeux >> . Finalement , le projet est adopté par 284 voix contre 189 .  

            << humaniser les hôpitaux >>.  La nouvelle loi ne permet  l'avortement qu'avant la fin de la dixième semaine de grossesse . Il ne doit en aucun cas << constituer un moyen de régulation des naissances >> . Dans ce souci , le gouvernement crée 159 centres d'information et de planification familiale et 300 établissements d'orientation comprenant chacun un médecin et une sage-femme . Un délai de réflexion d'une semaine est imposé à la femme qui désire avorter , pour mûrir sa décision .  

           Mais la loi engendre un surcroît de travail et des difficultés pour les hôpitaux déjà surchargés , où l'on manque de lits , d'infirmières et de personnel . Mme Veil voudrait parvenir à la création d'<<hôpitaux de jour >> , où l'interruption de grossesse serait pratiquée dans la journée , après une série d'examens et suivie de quelques heures de repos .  

            Bien que le budget de 1975 ait affecté 1 313 millions de francs à la construction des hôpitaux , soit 20 % de plus que l'année précédente , le ministre a conscience que le  << béton ne résout pas tous les problèmes  >>  Il faut humaniser les hôpitaux dit-elle , mais l'humanisation n'est possible que si le personnel est suffisamment disponible .  

            Or , il manque 20 000 infirmières en France ; 30 nouvelles écoles ont été crées et des mesures viennent d'être prises pour améliorer les horaires , les conditions de vie et la rémunération des infirmières . Mais il reste beaucoup à faire .  

            Dans le corps médical , il y a trop de spécialistes par rapport aux généralistes . Afin d'aider les jeunes à opter pour la médecine générale , un décret , en préparation au Conseil d'Etat , donnera plus de facilités aux généralistes dans l'exercice de leurs fonctions : création de cabinet de groupe , secrétariat commun à plusieurs médecins , etc...  

            Multiples taches . Une série d'autres mesures sont attendues : Vaccinations contre la toxoplasmose  et la rubéole , afin de mieux protéger les femmes enceintes , congés de maternité  allongées , protection de l'enfance par l'ouverture de nouvelles crèches et par une loi plus juste concernant l'adoption .  De nombreux autres problèmes concernant les personnes âgées , les handicapés physiques , la lutte contre l'alcoolisme , la drogue , le tabagisme font partie des préoccupations du ministre .  

            Pour faire face à toutes ces taches , Simone Veil est à son bureau dès 9 heures du matin . Ce n'est que vers 10 heures du soir qu'elle peut enfin partager avec son mari une salade et des œufs durs . Et qu'elle ne peut se retrouver en famille que le dimanche .  

            Confronté à l'extraordinaire réussite de sa femme , Antoine Veil fait preuve de détachement et d'humour . S'il reçoit un carton officiel adressé à <<madame le ministre de la santé et Monsieur Simone Veil >> , pince-sans-rire remarque : <<en somme, je suis le prince consort >>.  

            Simone Veil reconnaît qu'être seule parmi les hommes l'a plutôt aidée , mais seulement <<une fois surmontés les obstacles dus à la méfiance naturelle des hommes à l'égard de celles qui se lancent dans une carrière >>.  

    et elle ajoute , songeuse ; << c'est difficile de changer la vie . C'est long . Cela exige de la patience , de l'obstination et beaucoup de réflexion >> .

            C'est trois qualités , le ministre de la santé les possède à l'évidence , en plus de la force de caractère . Peut-être n'est-il pas indiscret de rapporter que , en janvier 4975 , Jacques Chirac déclarait : << Mme Veil ferait un très bon premier ministre >>  

            Prophétie ou simple boutade ? qui sait ? En tout cas , tout le monde est d'accord pour penser que la carrière de Simone Veil ne fait que débuter(source : condensé de lecture du reader'sdigest d'avril 1976) 

     

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique