• Le don de Félix

    La mort de son fils a permis de sauver six personnes

    Le don de Félix

    «Je veux donner un sens au décès de Félix»

    «Je vais trainer cette peine-là avec moi toute ma vie, mais je veux la transformer en quelque chose de beau»

    La mère de Félix Belley, 17 ans, mort dans un accident de la route, survenu le 22 avril devant la Chocolaterie Lulu à Saguenay, lance un puissant message pour le don d’organes.

    «Je veux donner un sens au décès de Félix. Il se doit de devenir l’emblème du don d'organes», a déclaré Sonia Rhéaume dans une entrevue à TVA Nouvelles.

    Six personnes vivent aujourd'hui grâce à son enfant sur qui on a prélevé plusieurs organes: le cœur, les reins, les poumons, le foie, le pancréas et de la peau.

    «Dès que j'ai compris que Félix n'était, ça fait drôle de dire ça, qu'une carrosserie, que le moteur était parti, ce n'était plus Félix. Félix était parti. Il fallait que ce trésor-là serve. Ça donne quoi d'enterrer ce qui est bon? C'est un trésor. Ça ne s'achète pas ça. Il est décédé et il pouvait sauver des vies. Il faut que ça serve», estime sa mère.

    Le jour du prélèvement marquait le début de la Semaine du don d'organes.

    «Mon fils est parti sans souffrir et en en guérissant d'autres. C'est la plus belle chose que j'ai faite de ma vie. C'est d'offrir les organes de mon fils. J'aime mieux me réjouir pour eux autres que de me concentrer sur la peine.»

    Sonia Rhéaume ne veut pas s'apitoyer sur son sort. Elle a perdu un enfant, le pire deuil, dit-elle, mais son fils l'inspire à être une meilleure personne. Les messages que des jeunes ont écrits à Félix, à ses proches, et d'autres laissés à sa mère sur Facebook, l'aident à être forte.

    «Il y a une route qui s'ouvre pour moi avec ça. J'ai choisi la vie. C’est soit que tu t'ouvres les vaines ou que tu vis. Moi, je vis», croit Sonia Rhéaume.

    Son fils avait signé sa carte pour donner ses organes à l'âge de 11 ans.

    «Ça ne m'intéresse pas de m'accrocher au passé ni au futur de ce que je ne vivrai jamais avec lui. Rentrer dans un état de tristesse? Ça donne quoi? Si tu perds une personne qui t'est chère, c’est un deuil. Le plus gros deuil, c'est de perdre un enfant. Sauf que tu choisis comment tu le vis», affirme la mère de Félix.

    Ce choix, c'est peut-être de créer une fondation pour soutenir les receveurs d'organes.

    «Une chose que je veux, c'est qu'ils se sentent à l'aise d'avoir reçu ces organes-là. Je suis vraiment fière que mon fils puisse offrir la vie à d'autres personnes.»

    Le 22 juillet, Félix aurait eu 18 ans. Sa mère va le fêter avec ses amis.

    «On poursuit quelque chose avec lui. Je le sens. Il est tout le temps avec moi, mon homme. Je le sens avec moi. Et je le sens fier de sa mère. Et j'aime ça sentir ça», conclut une mère, les yeux remplis de fierté pour son fils disparu et pour son frère aîné Michael. (Source : TVA nouvelles publié le 10 mai 2017)


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