• Le cancer du sein chez l'homme

     Une pathologie méconnue, source d'incompréhension
     

    Le cancer du sein chez l'homme

    Du fait de sa faible incidence, le cancer du sein masculin est rarement évoqué. Cette méconnaissance est à l'origine du diagnostic tardif qui caractérise ce cancer et surtout d'une incompréhension que peuvent ressentir les hommes atteints de cette pathologie considérée à tort comme exclusivement féminine.

    Un manque d'information

    Bien que les glandes mammaires masculines soient moins développées par rapport à celles des femmes et que les hormones féminines, associées au développement du cancer du sein, soient secrétées en plus faible quantité, les hommes peuvent aussi développer un cancer du sein.

    Ce cancer représente moins de 1% des cancers masculins et moins de 1% de l'ensemble des cancers du sein. Dans 40% des cas, le développement du cancer du sein chez l'homme est associé à la présence du gène BRCA2 (Breast Cancer Gene 2) qui est également chez la femme un haut facteur de risque. "Les femmes possédant le gène BRCA2 ont en effet 60% de risque de développer ce cancer, contre un risque évalué à 6% chez l'homme", a précisé à l'APM le Dr Marc Spielmann, chef de service de pathologie mammaire à l'Institut Gustave Roussy (IGR).

    Quoi qu'il en soit, les hommes ne sont jamais informés de leur prédisposition génétique, contrairement aux femmes dont le patrimoine génétique est screené lorsque ce gène est détecté, avec le BRCA1, chez une autre femme de la famille ayant développé un cancer du sein. Ce qui ne favorise pas la prévention, d'autant plus que le cancer du sein masculin est rarement évoqué dans les campagnes de sensibilisation au dépistage du cancer du sein.

    Ce manque d'information pourrait expliquer que le cancer du sein masculin soit diagnostiqué à un plus grand âge par rapport aux femmes, aux environs de la soixantaine, et surtout qu'il est plus fréquemment détecté à un stade avancé, à une taille plus grosse, avec plus souvent un envahissement ganglionnaire. Pourtant les tumeurs sont plus faciles à ressentir par palpation chez les hommes que chez les femmes. "J'avais depuis quelques années une sensation de démangeaison au niveau du mamelon gauche", témoigne Philippe Lazar, un patient en rémission du cancer du sein.

    "C'est mon médecin généraliste, à qui j'avais quand même fini par dire un mot de ces démangeaisons, qui m'a convaincu de faire une mammographie et une échographie, qui ont conduit à un diagnostic d'adénocarcinome du sein". A un internaute qui s'étonne sur un forum dédié à la santé de l'absence d'information au sujet de cancer du sein masculin, ayant été lui-même atteint de ce cancer, une femme fait part de son désespoir devant son mari refusant un examen par mammographie alors que son médecin le recommande, sous prétexte que "c'est un examen pour femme". Preuve que l'incompréhension peut pousser à des comportements aberrants.

    Une recherche des gènes à élargir aux hommes

    Le ressenti des hommes face à ce cancer a été l'objet d'une étude américaine récemment publiée dans la revue Cancer nursing. L'analyse des témoignages de 15 patients atteints de cancer masculin montre qu'ils ont pour la plupart dû reconsidérer leur perception de la virilité mis à mal par la maladie. Dans certains cas la maladie a été dissimulée aux proches.

    Ce cancer peut être d'autant plus difficile à vivre qu'il est généralement traité par tamoxifène, "un traitement anti-estrogène qui induit des bouffées de chaleur et une perte de la libido", explique le Dr Spielmann. Ces complications peuvent cependant être prises en charge par un andrologue ou un sexologue. Mis à part la mastectomie systématique du sein chez l'homme, qui consiste en une ablation de la glande mammaire et du mamelon, le traitement du cancer du sein est le même chez les hommes et les femmes, avec une radiothérapie et un traitement antihormonal dans la majorité des cas.

    Et, malgré un diagnostic souvent tardif, le pronostic est également identique, à âge, stade et traitements égaux. "Ce cancer est effectivement peu abordé dans le milieu médical", confirme le Dr Rémy Salmon, chef du département de chirurgie de l'Institut Curie, qui constate également "une barrière psychologique assez forte" chez les quelques patients qu'il a pris en charge. Cependant, même s'il semble exister une détresse chez ces hommes, peu en viennent à demander un soutien psychologique. Pour le Dr Spielmann, il est nécessaire de développer l'information sur ce cancer afin de réduire ses répercussions, d'un point de vue psychologique, et améliorer son diagnostic.

    Ainsi les hommes, mais aussi le milieu médical, seront davantage préparés à l'identification et à la prise en charge de ce cancer. "La question de la transmission des gènes prédisposant à ce cancer est également posée", souligne Philippe Lazar qui met en avant l'intérêt d'une surveillance sur le long terme des enfants, autant garçon que fille, au cas où ils auraient reçu le ou les gènes. "La recherche des gènes prédisposant à ce cancer devrait également être élargie aux hommes de la famille d'une femme touchée par le cancer du sein et porteuses des gènes, et non plus uniquement aux femmes comme cela est pratiqué actuellement", a suggéré le Dr Spielmann. ( source : http://www.notrefamille.com )

     


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