• L'anorexie (1/2)

    Cette maladie psychique qui touche dix filles pour un garçon n'est de la faute ni du jeune ni de ses proches . Pourtant , c'est l'alliance thérapeutique avec la famille qui favorise le plus la guérison .

    L'efficacité des thérapies familiales 

    L'anorexie

    Nora , 13 ans , a perdu 14 kilos en six mois . Bien que d'une maigreur impressionnante , elle se trouve <<trop grosse>>. Au pédopsychiatre qui l'interrroge, elle répond : <<Je sais que je ne suis pas grosse , mais il y a trop de choses en moi>>. L'anorexie , ce trouble du comportement alimentaire qui touchent surtout les filles , affecte de 150 000 à 200 000 adolescentes en France1 . Elle se déclenche entre 14 et 17 ans ,mais aussi de plus en plus chez les moins de 12 ans . Tous les degrés existent ; de la restriction alimentaire passagère sans conséquences - qui touche 20 % des jeunes filles - au stade sévère qui met leur vie en danger et transforme celle de la maisonnée en enfer, particulièrement au moment des repas. Au fur et à mesure , les conflits sont inévitables avec l'adolescente décrite par son entourage comme tyrannique et obsédée par l'alimentation , tandis que , de son côté , elle se plaint d'être épiée et contrôlée en permanence . les parents se sentent impuissants et, bouleversés, reportent toute leur attention à cet enfant en train de dépérir . Les frères et sœurs quant à eux, sont nombreux à souffrir de troubles anxieux et dépressifs . Ils réagissent vis-à-vis de leur sœur malade soit par de l'agressivité , soit, au contraire , par un comportement surprotecteur avec, pour certains , des difficultés à mener à bien leur propre construction alimentaire2 .

    Des parents hier accusés à tort . . .

    Jusqu'à récemment , on avait tendance à faire porter la responsabilité de l'anorexie à la famille qui était de fait exclue de sa prise en charge. Celle-ci , en l'absence de traitement médicamenteux , repose- pour les patientes atteintes de formes sévères - sur une hospitalisation , avec des entretiens psychologiques individuels assortis d'un suivi diététique et d'ateliers ( théâtre, esthétique, vidéo ...)  ,tout en maintenant un soutien scolaire. <<Certes , il existe des familles où il y a une idéalisation du corps et du contrôle de soi poussée très loin, mais aucune étude n'a révélé un dysfonctionnement familial particulier qui entrainerait l'anorexie >>, indique le Pr Bruno Falissard , pédopsychiatre ,directeur de l'unité Inserm U 1178 , santé publique et santé mentale . <<C'est une maladie complexe où se mêlent une vulnérabilité génétique , un tempérament perfectionniste , l'histoire de la jeune fille et l'impact de la société  qui fait pression sur le corps. >> Désormais , le nouveau message des équipes hospitalières consiste donc à dire à la famille ; <<On a besoin de vous , vous pouvez aider votre proche .>>

    . . . Aujourd'hui pièces maitresses du traitement 

    C'est ainsi que depuis une dizaine d'années dans les services spécialisés pionniers qui soignent les cas les plus graves , <<on pense que la thérapie familiale est une pièce maitresse de la prise en charge . La famille est intégrée dans le processus de guérison en tant qu'actrice du devenir de la jeune fille >>, souligne le Pr Priscille Gérardin , pédopsychiatre dans l'unité de psychopathologie et de médecine de l'adolescent du CHU de Rouen . Un hôpital que les parents , les frères et sœurs peuvent visiter, où ils participent s'ils le souhaitent aux séances de thérapie et préparent avec les soignants -avant de partager - le <<repas thérapeutique >> de fin d'hospitalisation destiné à favoriser un retour sans crainte à la maison .

    Quelques adresses utiles 

    L'anorexie (1/2)

     


  • Commentaires

    1
    Samedi 12 Mai à 20:51

    C'est bien triste cette maladie qui menace n'importe quel jeune 

    Bonne soirée Lucien

    et merci pour ces précieux renseignements

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